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NEWS
9 juillet 2026FO Com apporte tout son soutien au Comité Stratégique de Filière (CSF) « Infrastructures numériques » et au contrat signé aujourd’hui, qui aborde des enjeux majeurs tels que l’intelligence artificielle, la 6G, la cybersécurité, etc. Cette commission fonctionne très bien et son organisation est millimétrée. L’expression de chacun est forte, tout comme l’écoute et la qualité des échanges. Le CSF accompagne une transformation numérique de grande ampleur. Mais dans cette dynamique se pose, dès 2026, un problème majeur : SFR. FO Com n’a pas perdu l’habitude de rappeler que le projet de rapprochement concernant SFR en France n’est accompagné qu’à moitié. Frédéric JUSKO, responsable FO Com de la branche Télécoms et signataire du contrat du CSF, a interpellé les deux ministres, Anne LE HÉNANFF (Intelligence artificielle et Numérique) et Sébastien MARTIN (Industrie), afin de leur demander l’appui du Gouvernement pour accompagner les salariés oubliés ainsi que les sociétés et filiales laissées de côté. Au-delà des négociations d’entreprise, qui relèvent de la sphère privée, il y a aussi l’image que donnera la France dans ce bouleversement qui ferait passer le marché de quatre à trois opérateurs nationaux. SFR demeure le deuxième opérateur français. Son importance est considérable et l’entreprise est bénéficiaire. C’est une entreprise qui fonctionne. La manière dont cette opération sera conduite sera observée par l’ensemble des pays européens, dont beaucoup envisagent eux aussi des transformations similaires. L’enjeu dépasse désormais les seuls intérêts des entreprises. Il concerne également la politique sociale française et la souveraineté de notre infrastructure numérique. Les ministres, que seul FO Com a, à ce jour, pu rencontrer en entretien direct, sont désormais informés. Le projet porté par le consortium Orange-Bouygues-Iliad n’est qu’à moitié abouti. Près de 50 % des effectifs des sociétés du groupe Altice n’ont aujourd’hui aucune visibilité sur leur avenir. Cette situation ne peut plus durer. SFR, avec les organisations syndicales présentes dans l’entreprise, n’a pas encore finalisé ce travail. Le consortium non plus. FO Com poursuivra donc son action dans le cadre des négociations de la Convention collective nationale des télécommunications et interpellera également la fédération HumApp Télécoms sur ce sujet. Quid des sociétés ?
 Quid des salariés oubliés ? FO Com appelle l’ensemble des acteurs à se mettre autour de la table. Des solutions existent et des pistes peuvent être explorées. Avec FO Com, aucun sujet n’est tabou. […]
7 juillet 2026La santé mentale est aujourd’hui devenue un véritable enjeu de santé au travail. Charge mentale, transformations permanentes, perte de repères, tensions relationnelles ou encore surcharge d’activité peuvent fragiliser durablement les salariés. En France, plusieurs études récentes estiment qu’environ un salarié sur cinq se trouve en situation de détresse psychologique. Les conséquences sont bien connues : fatigue chronique, épuisement professionnel, absentéisme, isolement ou difficultés à maintenir un équilibre entre vie professionnelle et personnelle. Face à cette réalité, l’accord QVCT (Qualité de Vie et Conditions de Travail) de La Poste, négocié et signé par FO Com, renforce les dispositifs de prévention et d’accompagnement autour de la santé mentale au travail. Parmi les mesures mises en avant figure le développement du rôle des psychologues du travail. Leurs missions consistent à accompagner les collectifs et les agents confrontés à des difficultés professionnelles, à prévenir les risques psychosociaux et à contribuer à l’amélioration des conditions de travail. Ils interviennent également auprès des managers et des équipes afin d’aider à mieux identifier les situations de fragilité ou de souffrance. FO Com se réjouit du déploiement par La Poste d’un « Portail Psy », accessible depuis un ordinateur, une tablette ou un smartphone. Ce dispositif permet aux postières et postiers d’échanger de manière confidentielle avec un psychologue par téléphone, par chat ou par visioconférence. Des fiches pratiques et des conseils y sont aussi proposés autour du stress, des émotions, de l’épuisement professionnel ou des difficultés personnelles et professionnelles. En complément, une ligne d’écoute psychologique reste accessible 24h/24 et 7j/7 au 0 800 400 750 (Appel gratuit et confidentiel). Ce numéro permet d’obtenir rapidement une écoute, un soutien psychologique et, si nécessaire, une orientation vers un accompagnement adapté. L’accord QVCT rappelle également l’importance de la prévention collective : espaces de discussion sur le travail, amélioration du dialogue dans les équipes, reconnaissance du travail réalisé et vigilance face aux situations d’isolement ou d’hyperconnexion. Pour FO Com, la santé mentale ne doit plus être un sujet tabou. Prendre soin de soi, demander de l’aide ou échanger sur ses difficultés professionnelles est aujourd’hui essentiel pour préserver durablement sa santé et la qualité du collectif de travail. Pour notre organisation syndicale, La Poste doit aller encore plus loin dans sa démarche, sur le nombre de psychologues à recruter et sur le fait d’intégrer systématiquement le sujet des risques psychosociaux dans les études d’impacts de chaque projet. […]
7 juillet 2026Le groupe Orange ne fait pas exception à la règle en termes d’identification des Risques Psychosociaux. Rappelons que le DUERP (Document Unique) sert à identifier les risques, et le PAPRIPACT (Programme Annuel de Prévention des Risques et d’Amélioration des Conditions de Travail) est un document visant à identifier, prévenir, réduire les risques professionnels tout en améliorant les conditions de travail au sein d’une entreprise. Ces documents étant présentés aux élus des CSE et des CSSCT. La rédaction de ces documents effectuée par le service de Prévention émet des préconisations et des plans d’actions soumis à la direction d’une entreprise, qui décidera de ce qu’elle accepte de valider. Mais de quoi parle-t-on exactement ? D’une manière générale, certains risques sont en effet liés à l’activité d’une entreprise tels que le risque nucléaire, risque bactériologique, risque industriel, transport de matières dangereuses… d’autres risques sont par contre présents dans toutes les entreprises car ils sont parties prenantes de la vie d’une entreprise et de ses salariés tels que les risques routiers, contraintes posturales et biomécaniques, déplacement à pied, organisation des secours… En effet, ces risques sont alors impossibles à exclure, toute entreprise y étant confrontée. Cependant chez Orange, comme dans de très nombreuses entreprises en France, nous constatons l’identification de certains risques tels que les risques psychosociaux déclinés en plusieurs items, comme l’insécurité socio-économique, l’exigence au travail, les rapports sociaux, les facteurs d’ambiance et d’environnement, les exigences émotionnelles… Il n’apparaît pas nécessaire d’analyser les causes de ces risques, ni les raisons de leur accroissement d’une année sur l’autre, celui-ci s’inscrivant directement dans la stratégie de l’entreprise. En effet, l’objectif de la gouvernance d’Orange étant de diviser les effectifs par 2 d’ici 2030, les salariés subissent des transformations incessantes, des déménagements, une surcharge de travail… sans pour autant avoir le temps de s’adapter. Cela engendre un sentiment d’insécurité et de lassitude, accompagné de craintes tant vis-à-vis de l’avenir que de la ligne managériale, ainsi qu’une démotivation, une perte de repères et une difficulté à se projeter à court terme… Toute communication de l’entreprise étant dépourvue de sens. Alors OUI, les RPS sont bien présents ! Le fait que ces mêmes risques soient décrits dans ces documents permet malheureusement à l’entreprise de se donner bonne conscience sur le maintien du dialogue social tout comme la prise en compte de la dimension humaine. Les femmes et les hommes d’Orange étant « soi-disant » la préoccupation première de la gouvernance. Cependant, si la stratégie d’Orange était réellement en faveur de la QVCT, ces risques existeraient-ils ? La réponse est NON ! Pourquoi ne pas traiter le problème à la source ? Et faire en sorte qu’ils n’existent plus ? FO Com rappelle à l’entreprise qu’il s’agit d’un simple lien de cause à effet et demande que la pression exercée sur ce qui constitue la force du Groupe Orange — ses femmes et ses hommes — cesse. FO Com appelle à rétablir une qualité de vie au travail, qui relève de l’obligation de l’employeur. […]
7 juillet 2026Le 30 avril 2026, l’équipe FO Com DOGNE était présente sur les sites Orange de Joliet et Albert Premier à Dijon pour aller à la rencontre des salariés et porter nos revendications au plus près du terrain. Sandra Nadeau, Christophe Loisel, Pascal Leroy, Johan Vandystadt, Thomas Steiner et Patricia Janski ont mené cette distribution dans une ambiance dynamique et conviviale. Nos casquettes et T-shirts FO Com n’ont d’ailleurs pas laissé les collègues indifférents : un véritable effet « waouh » qui a facilité de nombreux échanges. Cette action a permis d’aborder plusieurs sujets importants du quotidien des salariés. Beaucoup ont partagé leurs difficultés face à la polyvalence devenue excessive : multiplication des tâches, outils numériques trop nombreux, bugs, perte de temps et fatigue. FO Com continue de dénoncer ces situations et demande davantage de simplicité, de fiabilité et d’accompagnement humain. Les discussions ont également porté sur l’accord local Regain, que FO Com n’a pas signé en raison de l’absence de véritables contreparties financières et de reconnaissance pour les salariés. Enfin, nous avons rappelé notre revendication pour 3 jours de télétravail par semaine pour tous les salariés éligibles, afin de réduire les contraintes de transport, améliorer la qualité de vie au travail et répondre aux réalités actuelles. Cette journée à Dijon confirme l’importance d’une présence syndicale de proximité. Les échanges menés lors de cette distribution ont montré l’attente forte des salariés d’être écoutés et entendus sur leurs réalités quotidiennes. Beaucoup ont apprécié cette présence et la possibilité d’échanger librement sur leurs difficultés mais aussi sur leurs attentes pour l’avenir. Ces moments de proximité sont essentiels pour porter la voix des collègues et continuer à défendre des conditions de travail plus justes et plus humaines. […]
7 juillet 2026Depuis plusieurs mois, les élections CSE de l’UES Iliad étaient au cœur des enjeux sociaux chez Free. Organisées en deux tours, du 14 au 21 avril 2026 puis du 29 avril au 6 mai 2026, elles ont marqué un tournant avec une mobilisation historique, jamais atteinte jusqu’ici. Dès janvier, l’équipe Force Ouvrière Free UES Iliad, première organisation syndicale, avait reçu le soutien affirmé de la Fédération FO Com, ainsi que de Frédéric Souillot, Secrétaire Général de Force Ouvrière. Une présence forte qui témoignait déjà de l’importance de ce scrutin pour les 5 000 salariés de l’UES Iliad. Cette année, pas moins de sept syndicats étaient en lice, un record à l’UES Iliad. Force Ouvrière Communication, première organisation lors du précédent mandat, avait un objectif clair : conserver sa première place. Malgré une campagne particulièrement offensive de certains concurrents, FO a su rassembler largement. Mais le principal enseignement de cette élection reste la mobilisation exceptionnelle des salariés. Alors qu’il y a quatre ans la participation avait été particulièrement faible, plus du double d’agents se sont cette fois mobilisés pour voter en ligne. Dans un contexte beaucoup plus fragmenté, avec sept organisations syndicales contre trois en 2022, FO réalise près de 30 % des voix et obtient plus du double de suffrages par rapport au précédent scrutin. Une dynamique impressionnante qui confirme l’ancrage de FO auprès des salariés de l’UES Iliad. Au premier tour, seul le collège des cadres avait atteint le quorum. Au second tour, l’équipe FO a réussi à mobiliser davantage encore les employés de leur collège, renforçant ainsi son nombre de sièges et sa position de première organisation syndicale. Cette victoire constitue avant tout une reconnaissance du travail mené quotidiennement par l’équipe pour défendre les agents et porter leurs revendications au plus haut niveau. […]
7 juillet 2026L’Assemblée Générale du syndicat FO Com Télécom Picardie Champagne-Ardenne s’est tenue le jeudi 16 avril à Saint-Quentin, sous la présidence de Christine Besseyre, Secrétaire Générale. Cette réunion a rassemblé une vingtaine d’adhérents du périmètre. Le secrétaire territorial et DSCO, Denis Domont, a présenté son rapport d’activité et a échangé avec les participants sur l’actualité du périmètre CSE, notamment les conséquences de la nouvelle organisation « Regain » d’Orange, structurée autour de directions métiers. Il a, par ailleurs, rappelé que notre syndicat n’a pas signé le projet d’accord proposé sur les périmètres où FO Com était présent lors des négociations. La trésorière, Jessica Ansel, a ensuite présenté son rapport financier. Ces deux rapports ont été adoptés à l’unanimité. Le Secrétaire Général de l’UD de l’Aisne, David Wlodarczyk, est ensuite intervenu pour évoquer l’actualité du moment, notamment le congrès confédéral de Dijon. Il a également souligné l’importance de défendre le 1er mai, journée internationale des droits des travailleurs. La parole a ensuite été donnée à Gérard Albessart, responsable national des retraités qui a insisté sur la perte de pouvoir d’achat des retraités mais aussi sur le rôle au sein de notre fédération de ces fidèles adhérents. Les retraités constituent un soutien essentiel au fonctionnement de nos structures syndicales. La conclusion a été assurée par notre secrétaire générale, qui a centré son intervention sur les évolutions statutaires adoptées lors du dernier congrès et sur la création des nouveaux syndicats. Elle a également évoqué les élections CAP-CCP prévues en fin d’année chez Orange, en insistant sur l’importance d’y obtenir de bons résultats. Cette échéance nationale sera la dernière avant les élections CSE de 2027. Les résultats permettront de mesurer le travail accompli au quotidien. L’année 2027 s’annonce ainsi déterminante, avec pour objectif de retrouver notre représentativité et la place qui est la nôtre. […]
DOSSIERS
9 juillet 2026Des réponses claires, des votes sans ambiguïté, une organisation solide Le congrès de la Confédération Force Ouvrière s’est tenu à Dijon du 20 au 24 avril dernier. Cette instance, la plus importante de notre organisation, a réuni près de 4 000 congressistes. À l’issue des interventions des 243 délégués sur le rapport d’activité, le Secrétaire Général, Frédéric Souillot, a apporté des réponses claires et sans ambiguïté. Pain, paix, liberté ! Le Secrétaire Général a notamment rappelé que Force Ouvrière, attachée depuis sa création à la paix dans le monde, est opposée à la guerre, à toutes les guerres dont les conséquences sont toujours dramatiques pour les peuples : « Internationalistes nous sommes, internationalistes nous resterons » a martelé Frédéric Souillot rappelant que « l’unité des travailleurs fera la paix dans le monde » et que la devise de FO « Pain, Paix, Liberté » est plus que jamais d’actualité. Indépendants nous sommes, indépendants nous resterons ! Alors que la charte d’Amiens, texte fondateur du syndicalisme indépendant, a 120 ans cette année, Frédéric Souillot a insisté sur notre attachement indéfectible à cette charte. Il a rappelé que FO est libre et indépendante vis-à-vis du patronat, des gouvernements, des partis politiques et des religions. Antifascistes nous sommes, antifascistes nous resterons ! Pour le Secrétaire Général, il est temps de siffler la fin de la récréation au sujet d’une soi-disant connivence avec les partis politiques fondés sur le rejet de l’autre et aux idées contraires aux valeurs républicaines. Frédéric Souillot a réaffirmé que nous étions antifascistes, attachés à la démocratie et à la République une et indivisible martelant « nous sommes tous ici anti-racistes, anti-xénophobes, contre l’antisémitisme, anti-islamophobes et contre toute idéologie de rejet de l’autre ». Il a clôturé le sujet en citant Jean Jaurès « il n’y a qu’une seule race, l’humanité ». Dialogue social et négociation collective : être présents ! Frédéric Souillot a rappelé qu’il fallait redonner la place qui est la sienne à la négociation collective. « La politique de la chaise vide ne fait pas partie des pratiques de FO. Notre présence nous permet de porter nos revendications mais aussi la contradiction. » Réforme des retraites : abrogation ! Quant au sujet de la retraite, le message est, là aussi, on ne peut plus clair : FO poursuit son combat pour l’abrogation de la réforme en cours avec comme revendication le maintien de la retraite par répartition et le refus de la retraite par point. FO, le syndicat de la fiche de paye ! Le Secrétaire Général a insisté sur le fait qu’il est urgent de réexpliquer aux travailleurs le salaire différé et la protection sociale collective. « Le gouvernement veut privatiser la protection sociale collective, nous devons reprendre la gouvernance de la retraite par répartition. » a-t-il confirmé. Quant aux primes dont celle du partage de la valeur, l’intéressement etc., pour FO, ils ne doivent pas se substituer aux salaires. Grève générale Si le temps de la grève générale est venu pour stopper la casse des acquis sociaux, sauver les services publics et pour l’augmentation des salaires, il faut que les travailleurs s’organisent en assemblées générales pour en prendre la décision. « La grève ne se décide pas elle se construit » a rappelé Frédéric Souillot en citant les articles 32 et 33 des statuts confédéraux. Force Ouvrière sur tous les fronts ! Après la fin de la limitation des trois mandats CSE qui fut une belle victoire FO, il nous faut continuer à revendiquer le rétablissement des CHSCT et porter de nouvelles revendications dans des secteurs comme par exemple l’intelligence artificielle. Enfin, le Secrétaire Général a appelé à faire du développement une priorité, notamment en ce qui concerne l’adhésion des jeunes. Après ces réponses qui, au regard de l’ovation qui a suivi, ont répondu à l’attente des congressistes, Frédéric Souillot, déterminé, a été brillamment réélu à l’issue du congrès (98,06 %). Patrick Privat a été reconduit trésorier confédéral, avec 99,03% des suffrages. Les rapports d’activité et de trésorerie des quatre années écoulées ont, quant à eux, été adoptés à une très large majorité : 89,14 % des suffrages exprimés pour le rapport d’activité, 96,45 % pour le rapport de trésorerie. Si ces résultats obligent le Secrétaire Général et son Bureau Confédéral, ils engagent également tous les militants à porter haut et fort les valeurs de Force Ouvrière pour défendre tous les travailleurs, pour plus de justice sociale ! Christine Besseyre Je vous apporte le salut fraternel des militants des syndicats de la Fédération FO Com. Comme la quasi-totalité de mes camarades FO Com porteurs de mandats, je voterai pour les rapports d’activité et de trésorerie. Permettez-moi, tout d’abord, de relever un paradoxe : alors qu’aujourd’hui, en France, 73 % des jeunes sont satisfaits du dialogue social dans leur entreprise, ils ne sont que 2,7 % à être syndiqués. Évidemment, la précarité de l’emploi, la crainte d’une incidence négative sur le déroulement de carrière expliquent, pour partie, ce constat. Mais, au-delà, ce qui doit nous interroger, c’est une méconnaissance croissante du rôle des organisations professionnelles. Pour la plupart des salariés, le syndicat est uniquement associé aux instances représentatives du personnel. Il est, avant tout, pour ne pas dire exclusivement, un élément du dialogue social et ses militants n’ont d’autre légitimité que celle accordée par l’élection. Pour beaucoup, la notion d’institution syndicale s’est substituée à celle de combat syndical. Nous aurions tort de sous-estimer ce phénomène. Beaucoup de nos adhérents, de nos militants, se sont laissés prendre à ce piège. Plutôt que d’évoquer, en priorité, luttes et revendications, on parle plus souvent de mandats et de moyens y afférents, comme si la défense des droits ne relevait plus que des seuls CSE. On assiste à une « professionnalisation » des représentants syndicaux qui, s’ils peuvent devenir d’excellents techniciens ou experts, en oublient parfois de rencontrer les salariés, de relever quels sont les véritables problèmes de terrain. Cette spirale néfaste pourrait, à terme, entraîner la dissolution du syndicat dans les IRP. De plus, donner aux non syndiqués mandatés les mêmes prérogatives, notamment en matière de négociation, nous discrédite. Les patrons, rien d’étonnant d’ailleurs, s’engouffrent dans la brèche en devenant grands organisateurs de réunions à rallonge, aux ordres du jour interminables et dont beaucoup de sujets ne verront pas l’ombre d’une négociation. Le but est, bien sûr, d’entraver l’action syndicale qui, elle, exige une présence au plus près des salariés, c’est-à-dire une pratique antinomique de celle générée par le CSE. C’est d’autant plus grave que l’époque nous oblige à élaborer, à construire de nouvelles revendications et de nouveaux droits pour les travailleurs, salariés et fonctionnaires, cadres et non-cadres, retraités. Face à la précarité de l’emploi, à la dégradation des conditions de travail, à la généralisation de la sous-traitance et aux nombreuses attaques – statut dans la fonction publique, protection sociale par exemple – il nous faut une organisation syndicale forte, visible et lisible. Dans le même temps, nos revendications et lignes politiques doivent intégrer l’évolution permanente du monde et, plus particulièrement, du monde du travail. Alors que la notion de collectif est en pleine mutation, les nouveaux canaux de communication, les aspirations et les modes de vie des jeunes, l’augmentation du nombre de cadres doivent alimenter notre réflexion pour un développement efficace et pérenne, adapté à notre temps. Ce développement n’est pas une option, il ne l’a jamais été ! Les attaques contre les travailleurs, leurs droits, leurs légitimes aspirations n’ont jamais cessé. Nous devons, c’est une nécessité capitale, nous émanciper des « carcans institutionnels » si nous ne voulons pas laisser se diluer, voire disparaître le syndicalisme offensif et revendicatif, le nôtre, basé sur la défense des travailleurs, de tous les travailleurs, pour laisser la place à un dialogue social policé et sanctuarisé dans de stériles CSE. Dans ce cadre, le renforcement de notre proximité, une animation exigeante de nos instances syndicales, la volonté de faire partager nos valeurs, une organisation interne adaptée, la formation de tous les militants, l’éducation ouvrière sont à même de renforcer notre représentativité. Notre visibilité doit être totale. Alors que 53 % des cadres, dont l’adhésion à Force Ouvrière est déterminante pour notre avenir, attendent que FO soit plus constructive et davantage une force de propositions, soyons partout, tout le temps, pour porter nos revendications et défendre notre conception du syndicalisme. FO Com salue le travail du CFMS, de FO-Cadres et se félicite de la réactivation de FO Jeunes. Si notre capacité de résistance passe par le développement, si notre volonté est d’agir et non de subir, cela ne pourra se faire que collectivement et dans la fraternité. FO Com s’y inscrit pleinement. À bas le « tout-à-l’ego », vive le collectif ! Grzegorz Karwin Je vous apporte le salut fraternel de tous les postiers et plus particulièrement de ceux de l’Occitanie. Je vis dans un des départements le moins peuplé de France, la Lozère. L’hyper ruralité nous la vivons au quotidien, tout comme sa désertification des les services publics. Il ne s’agit pas seulement de désertifications de la ruralité par l’État mais de l’exode de la population rurale. Nous devons faire face à cette politique qui consiste à déposséder un bassin de vie pour en favoriser un autre. Il est de notre devoir de protéger la ruralité, de préserver ces lieux d’une mort assurée. La disparition du Service public va de pair avec la suppression des emplois et la mobilité forcée, entraînant la désertification du milieu rural par ses habitants, chassés de leurs villages, de leurs secteurs de vie, puis de leur département qui n’offre pas l’attractivité d’emplois des métropoles. Qu’en est-il aujourd’hui de La Poste, d’un mammouth au bord du précipice. La Poste c’est la perpétuelle transformation où les enjeux économiques priment sur les conditions de travail, la reconnaissance et la rémunération. Les dernières NAO sont un exemple du manque de gratitude et du non-respect des postiers. Médiocrité du salaire, absence du treizième mois pour un travail six jours sur sept, indépendamment des aléas météorologiques. J’ai abordé le sujet de la rémunération avec Philippe Wahl, précédent président du Groupe La Poste. Il m’a répondu sans attendre : « Qu’il n’est pas question d’augmenter le salaire d’un postier car l’actuelle rémunération est au-dessus du seuil des grilles nationales…». Le manque de reconnaissance et l’insuffisance des rémunérations touchent tous les secteurs d’activités. Boucler ses fins de mois devient une préoccupation quotidienne des salariés. J’ai lu un jour un post du camarade Eric Keller : « Je ne m’arrête pas tant que je n’ai pas trouvé de solution ». Je salue autant la phrase que l’engagement. Cependant, dans ce cas-là nous devons agir collectivement et nous sommes ici, entre autres, pour prendre des bonnes décisions et répondre aux attentes des salariés. Volontairement, je n’évoque pas divers conflits géopolitiques qui se reflètent dans ma réflexion où une fois de plus les salariés paient une lourde contribution, surtout en milieu rural en absence de transports en commun. Ma culture syndicale ne commence pas en France. Le syndicat qui m’a montré la voie dans la lutte pour les droits des salariés, le combat pour les acquis collectifs c’était le syndicat libre, unique et indépendant, Solidarnosc, son leader charismatique Lech Walesa et le prix Nobel de la paix. Voilà le point commun que j’ai vu dans le syndicat FO. Je me permets de prendre la parole au nom des travailleurs dont la France est un pays d’accueil. Nous sommes reconnaissants de pouvoir exercer hors de notre patrie et fiers de notre intégration. J’ai constaté cependant de nombreux écarts et inégalités dans le traitement de cette population. Le plus grand fléau reste le manque de considération, de possibilités d’évolution professionnelle, d’égalité des chances, de discrimination et cela dans tous les corps de métiers, des ouvriers agricoles aux médecins. Un immigré se doit de faire toujours plus pour arriver au même niveau de reconnaissance. Je l’ai compris très rapidement en traversant le mur de Berlin, comme le fait que les inégalités ne se limitent pas aux frontières et que les problèmes des salariés sont universels. On peut vivre sans la gloire, qui ne prouve rien, être inconnu dans l’histoire et s’en trouver bien… mais il n’est pas question pour nous les syndicalistes de laisser les salariés en détresse, en manque de reconnaissance car nous ne défendons pas seulement leurs conditions de travail mais leur dignité et cela n’a pas de prix. Christine Simon Mes chers camarades, je vous apporte le salut fraternel des militants FO Com du Groupe La Poste. La Poste aujourd’hui, c’est plus de 35 milliards d’euros de chiffre d’affaires dont 44 % à l’international. L’activité phare qui était le courrier ne représente plus que 15 % et c’est la banque assurance qui est devenue la locomotive du Groupe. En 10 ans, les effectifs ont fondu. De 224 000 postiers maison mère environ en 2015, nous sommes passés aux alentours de 165 000 en 2025 dont 34 000 fonctionnaires. Soit une baisse d’environ 25 % des effectifs en 10 ans. Les effectifs des filiales, quant à eux, sont en augmentation de par la transformation de La Poste. Les postiers font aujourd’hui de plus en plus les frais d’une politique sociale fondée sur des plans d’économies drastiques d’où la dégradation importante de leurs conditions de travail et une austérité salariale sans précédent. Il est vrai que La Poste doit relever de nombreux défis : la chute des volumes du courrier qui s’accélère d’année en année, l’activité colis, dans un environnement ultra-concurrentiel qui peine à compenser ces pertes ou encore les nouveaux services, sensés remplacer les activités historiques qui n’ont pas produit les effets escomptés. Face à cela, l’État refuse de compenser à l’euro près le coût des missions de service public ce qui revient à laisser, chaque année, un milliard d’euros à la charge de l’entreprise. Malgré moultes rencontres et audiences auprès des politiques, FO Com n’a jamais été entendue alors que c’est pourtant là que réside la solution. On ne peut pas demander à une Société Anonyme d’assurer des missions qui, par essence même, ne sont pas rentables. Si le service public n’est pas un coût, il a un prix. De rapports en préconisations, de constats en discussions, le sujet piétine. L’augmentation des tarifs postaux a ses limites, la coopération avec France Services arrive bien trop tard. Une chose est sûre, l’État ne mettra pas la main au porte-monnaie sacrifiant ainsi un service public essentiel aux citoyens. Est-il prêt à aider La Poste à investir ? Rien n’est moins sûr. Or s’adapter c’est innover, inventer, investir… Aujourd’hui La Poste, acculée à faire des économies, est seule pour trouver des solutions pour assurer son avenir. Et en attendant ce sont bien les postiers qui subissent, et des impacts importants se constatent sur l’emploi, les salaires et les conditions de travail. Pour le gouvernement, les réformes doivent remplacer la compensation… Soit, mais quelle réforme ? Quelle place veut-on donner au service public postal ? En attendant, nous, syndicalistes, nous résistons ! Forte de nos résultats électoraux de 2024, plus de 3 points de progression, FO Com a su prendre sa place dans la nouvelle organisation sociale. Comme tout dialogue social basé sur les CSE, il est souvent difficile d’imposer la négociation et de garder l’action syndicale au cœur de notre activité. Cependant, malgré une mise en place lourde et complexe avec 32 CSE, une appréhension des nouveaux mandats, un nouveau maillage territorial et des moyens syndicaux divisés par cinq, les camarades s’organisent pour poursuivre l’essence même de notre syndicat. Je tiens d’ailleurs devant ce congrès à remercier tous les camarades FO Com Poste pour leur investissement. Avec notre nouvelle organisation, nous sommes prêts à continuer un syndicalisme offensif, réformiste et en capacité de bâtir des revendications en adéquation avec les attentes des travailleurs dans des domaines tels que l’IA, la transition écologique et les nouveaux modes de travail. Nous devons être le syndicat de tous : cadres, non-cadres, salariés, fonctionnaires, jeunes comme séniors, et faire de notre proximité notre force. Nous devons avoir une ligne claire, lisible, visible, libre et indépendante. Frédéric Souillot […]
16 décembre 20252025 a été une année où le monde du travail et la société ont été secoués par des transformations, des réformes et des mobilisations inédites. Entre décisions politiques, mutations dans les entreprises et luttes collectives, chaque événement a mis en lumière les enjeux sociaux, économiques et humains qui façonnent notre quotidien. Cette rétrospective revient sur les moments forts de l’année : des négociations et accords historiques aux mobilisations syndicales, en passant par la défense des droits des salariés et des retraités. Elle raconte une année intense, où vigilance, engagement et solidarité ont été plus que jamais nécessaires pour préserver les droits acquis et construire un avenir plus juste. Au fil de ces pages, c’est un panorama vivant de 2025 qui se dessine, celui d’une année marquée par les combats, les réussites et les défis, mais aussi par la détermination de celles et ceux qui, au quotidien, se battent pour que la justice sociale et la solidarité restent au cœur de notre société. Hiver Printemps Été Automne Hiver 2025 2025 : une année marquée par notre combat contre l’austérité ! Cette année compte déjà trois nominations de Premier ministre, et pourtant les politiques budgétaires gouvernementales se suivent et se ressemblent. Il en est ainsi de l’entêtement à poursuivre l’imposition de restrictions budgétaires pour les plus nombreux, tout en sauvegardant le portefeuille et le patrimoine des plus riches. La France ne s’est pourtant pas globalement appauvrie ! La croissance économique n’a pas fait défaut. Alors que sont devenus les fruits de cette croissance si faibles soient-ils ? La réponse se trouve dans les écarts de rémunération entre classes sociales, écarts qui se sont creusés au détriment des plus modestes. L’appauvrissement touche tous les actifs tels que les employés du public comme du privé, non cadres, cadres, cadres supérieurs, les ouvriers, les travailleurs indépendants, les petits patrons, mais aussi les retraités, les chômeurs, les familles isolées… Cette évolution pose moins la question de la croissance que celle de sa répartition. En cette année 2025, Force Ouvrière n’a de cesse de ferrailler contre ce déluge d’austérité qui continue de menacer les travailleurs, les assurés sociaux et les services publics. Les propositions de lois de finances et de lois de financement de la Sécurité sociale ont un goût de déjà-vu. Il en est ainsi du gel des prestations sociales, des pensions, du barème de l’impôt sur le revenu ou encore du point d’indice dans la fonction publique. Force Ouvrière refuse et combat les dispositions abaissant les droits en matière de santé, les projets fiscaux impactant les retraités ou encore les suppressions d’emplois projetées dans le public. Dans le même temps quels sorts réservent les projets gouvernementaux aux grandes entreprises et aux ménages aux très hauts revenus ? Quelques efforts bien inférieurs à leurs possibilités de contribution et bien loin proportionnellement à ceux qu’on exige des plus modestes. Mise en place du CSE À LA POSTE La mise en place des CSE a bouleversé le paysage syndical. Ça, ce n’est pas un mystère ! Au vu des moyens alloués, divisés par cinq, faut-il le rappeler ? Au vu également du nouveau schéma du dialogue social, respecté aléatoirement sur le territoire, au vu, enfin, de cet « animal nouveau » qu’est l’instance en elle-même, composée d’élus de tous horizons et tous niveaux face à une Direction tout aussi néophyte… 32 nuances de CSE à travers la France. Chacun représentant à la fois un périmètre et un métier, chacun obéissant à une répartition syndicale particulière, chacun aurait des choses à raconter à l’aube de ce premier anniversaire. Alors qu’il était prévu une instance par mois, certains CSE ont explosé le compteur pour atteindre parfois 60 réunions ! D’autres, au vu d’un dialogue social étroit, restent arc-boutés sur des postures d’opposition. D’autres, enfin, fonctionnent, cahin-caha, avec leur lot de difficultés comme la gestion des Activités Sociales et Culturelles, comme l’élaboration d’un ordre du jour parfois démentiel, comme la sensibilité des sujets traités, notamment en termes d’inaptitudes. Bref, est-ce que les élus et La Poste étaient vraiment préparés à cela ? Mais on avance… Des choses concrètes ont cependant été mises en place : les commissions CSSCT (Commission Santé Sécurité et Conditions de Travail), emploi, environnement, économique et la commission unique (pour les départements d’outre-mer) fonctionnent en s’attachant à apporter des améliorations, notamment en termes de conditions de travail et d’emploi. Concernant les ASC (Activités Sociales et Culturelles), des conventions entre les CSE d’Établissement et le CSE Central, ont été signées, conduisant, de fait, les premiers à déléguer la gestion de la plupart des ASC au second (parentalité, vacances, restauration, aides pécuniaires,etc.) et conservant, à sa main, la billetterie locale par exemple. Tout cela, bien sûr, dans l’intérêt des postières et des postiers. Le CSE Central, quant à lui, hormis ses prérogatives en termes d’ASC, exerce des attributions d’informations-consultations au sujet de la marche générale de l’entreprise (orientations stratégiques, situation économique, politique sociale,etc.). Il est habilité à recourir à un expert dans certains domaines et réunit ses commissions, toujours dans l’intérêt des postières et des postiers. 1 an déjà, 1 an seulement ! Les élus et mandatés FO Com n’ont pas chômé pendant ce temps pour essuyer les plâtres. Ces femmes et ces hommes sont les garants d’une proximité que nous avons voulue prégnante dans chaque territoire. Les interactions entre eux et les connexions avec la Fédération se sont mises en place rapidement via les outils numériques au travers également de réunions organisées quotidiennement ; grâce aux nombreux déplacements des délégués syndicaux centraux mais aussi aux formations prodiguées aux représentants de proximité. Bref, FO Com est en ordre de bataille depuis le lendemain de l’élection de 2024 et continuera à avancer, construire, proposer et réussir face à cette transformation majeure que La Poste est en train de vivre. Les «papys boomers» au banc des accusés ! Cela fait quelques années, et ça s’est amplifié depuis 2024, que les « papys boomers » sont devenus la cible privilégiée de nos gouvernants et autres influenceurs médiatiques ou économiques, tous adeptes du modèle libéral de l’économie de marché. Dans une période de crise où la dette publique bat des records, depuis l’arrivée du président Macron en 2017 (+ de 1 300 Mds €), les retraités sont devenus les boucs émissaires ! Un jour, c’est leur niveau de vie qu’ils décrient. Un autre jour, c’est le niveau injustifié de leur pension et leurs avantages fiscaux qui coûteraient cher aux pays. Accusés de percevoir plus qu’ils n’ont contribué, le gouvernement entend s’attaquer à la revalorisation des pensions : entre report, désindexation ou gel ! Fin 2024 et au début de 2025, dans le cadre des mesures d’austérité décidées pour réduire la dette (40 Mds d’économies), l’idée de désindexer les pensions ou d’imposer une année blanche a constitué une piste d’économie (entre 3 et 6 Mds € selon les prévisions). Dans l’immédiat, le gouvernement Barnier a décidé de reporter de 6 mois la date de revalorisation des pensions du 1er janvier au 1er juillet (gains estimés autour de 2 Mds €) ! La mobilisation syndicale et la censure mettront un terme pour 2025 à toute remise en cause du droit à revalorisation. Cependant, la volonté de rogner ce droit, inscrit dans le code de la sécurité sociale, demeure intacte ! Au nom de la soi-disante solidarité intergénérationnelle (en mode inversé), qu’ils détruisent chaque jour, ces derniers entendent accentuer une instrumentation des retraités visant à faire admettre que ces derniers sont les seuls responsables de la dérive budgétaire, du déficit, et qu’ils doivent payer. Parlons-en de ces retraités, de leur niveau de vie ! La dernière étude de l’Insee (2021) révèle que : « Le niveau de vie individuel moyen des personnes qui composent le ménage est, pour les retraités, de 2 188 € mensuels contre 2 218 € pour l’ensemble de la population et 2 428 € pour les actifs. ». Quant à leurs retraites « pléthoriques » : Depuis l’arrivée, en 2017, du président Macron, les retraités ont perdu l’équivalent de 2,5 à 3 mois de pension du fait de la non-indexation des retraites sur l’inflation et de l’augmentation de la CSG. Parmi les 17 000 000 de retraités : 18 % sont au RSA, 36 % perçoivent une retraite brute inférieure à 1 100 €, 55 % disposent d’une pension brute inférieure à 2 100 €, 68 % touchent une retraite brute inférieure à 2 400 €. Nous sommes bien loin de la surabondance évoquée dont profiteraient les retraités ! Accusés de profiter d’une « niche fiscale » injustifiée ! Au cours du second trimestre 2025, le gouvernement Bayrou et le patronat a assèné leur idéologie, visant à convaincre l’opinion publique que les responsables de la dette sont ces « nantis » de retraités. Pour sauver leur politique économique, il faut remettre en cause leurs droits (et au-delà le système de retraites par répartition). Le gel des pensions pour 2026 (année blanche) n’est pas leur seule obsession. Forts de leurs arguments spécieux, ils réclament aussi la suppression de l’abattement fiscal de 10 % dont profiteraient iniquement les retraités, la confondant sans vergogne avec la déduction fiscale de 10 % qui concerne les frais professionnels des actifs ! Contrairement aux affirmations de ces chantres d’une apologie mensongère, l’abattement fiscal de 10 % a été mis en place en 1978 et rétablissait une certaine équité car les retraités comme les actifs ne peuvent pas tricher sur leurs revenus, vu qu’ils sont déclarés par un tiers, contrairement aux adeptes de l’évasion ou de l’optimisation fiscale (autour de 80 Mds d’euros). GEPP 2025 : entre transformation forcée et injonction à la reconversion Orange est une entreprise en transformation constante, avec des changements qui s’enchaînent les uns après les autres… L’année 2025 a malgré tout son lot d’événements. Le 10 février 2025, a été signé à l’unanimité par les organisations syndicales représentatives l’accord portant sur la Gestion des Emplois et des Parcours Professionnels. Comme chacune des précédentes GEPP, plusieurs aspects y sont abordés, tels que le recrutement, la mobilité interne, la gestion des carrières, la formation et la gestion des compétences. Et grande surprise, un nouveau dispositif de Temps Partiel Seniors : Le développement des compétences La mobilité interne Enrichir son parcours au sein du groupe Enrichir son parcours en dehors du groupe La dernière partie de carrière Thèmes que les élus FO Com ont l’habitude d’aborder. Mais qu’en est-il vraiment ? Cette GEPP cache son lot de surprises. En effet, la réelle proposition de l’entreprise est soit de se former aux métiers émergents du groupe (cyber, data, IA, RSE…), et d’intégrer un processus de mobilité interne en quittant Orange SA pour occuper le même type de poste mais en filiale. Autre solution, plus radicale : trouver un poste dans une autre entreprise, ou bien entrer dans un programme de fin de carrière, vous permettant d’anticiper votre départ à la retraite. Ce qui revient à dire : soit vous acceptez une reconversion pour répondre aux besoins de l’entreprise, soit vous partez, et ce, de manière définitive. FO Com ne cesse d’interpeller la direction sur le climat délétère qui règne, tant sur la santé au travail, l’absence de reconnaissance, l’insécurité de la situation de travail, et les conflits de valeurs… en demandant que de réels plans d’action soient mis en place afin de réduire ces risques. La réponse de la direction : « Nous avons mis en place une GEPP permettant de répondre aux besoins de chacun. » Quand les métiers déclinent à Orange SA, mais progressent en filiales Comme évoqué dans l’article relatif à la GEPP, certains métiers ont été identifiés comme émergents afin de répondre aux besoins de l’entreprise ce qui de facto entraîne une décroissance. Ce facteur, annoncé dans la GEPP 2025 pose question. En effet, le fait d’identifier une liste conséquente de métiers en décroissance provoque une forte inquiétude chez les salariés, d’autant plus que ceux dits « en décroissance » chez Orange SA (maison mère), sont de manière surprenante en croissance au sein des filiales du groupe. Y a-t-il volonté implicite de pousser ses salariés hors de la maison mère ? Ce questionnement est renforcé par une communication autour de cette décroissance qui est restée relativement opaque. Comme dans beaucoup d’entreprises, la grande majorité des départs ne sont plus remplacés, et la charge de travail, elle, n’est pas revue à la baisse. Economie oblige ! De quoi alimenter une forte inquiétude chez certains salariés : Mon poste pourrait-il être supprimé dans la perspective de m’inciter à rejoindre une filiale ? Il a fallu du temps avant que le terme de « décroissance » soit enfin précisé. Non, les emplois en décroissance ne seront pas supprimés. Néanmoins, aucun départ ne sera remplacé. Ces mêmes métiers étant en croissance en filiale, chacun peut de ce fait demander à rentrer dans un processus de mobilité interne et/ou parcours professionnel pour intégrer une filiale qui recrute. FO Com demande pourquoi tenter de vider la maison mère de ses salariés ? FO Com demande de quelle manière va alors être absorbée la charge de travail qui est plus que conséquente sur beaucoup de métiers ? FO Com demande que le sens et la logique soient clairement explicités. […]
24 septembre 2025Faire entendre la voix des postiers et des télécommunicants Les élections au Conseil d’Administration d’Orange et de La Poste auront lieu en fin d’année, respectivement du 18 au 20 novembre et du 24 au 27 novembre prochain. La nécessité d’élire des administrateurs au CA n’est pas toujours évidente pour bon nombre de salariés et de fonctionnaires, le mandat n’étant pas un mandat de proximité. Aussi, il est bon de rappeler l’essentiel. Le CA définit la politique générale et les orientations de l’activité du Groupe. Les administrateurs FO Com font entendre et comprendre la réalité du terrain, permettant ainsi la prise en compte des intérêts des personnels dans les processus décisionnels stratégiques. Cette élection est d’autant plus importante que les décisions prises ont des conséquences directes sur la vie professionnelle quotidienne de chaque télécommunicant et de chaque postier. Bien évidemment, les élus FO Com s’appuient sur l’expertise et la technicité des militants de terrain et portent la voix de tous en toute indépendance. À l’heure où les Groupes définissent des stratégies complexes pour défendre leurs intérêts (le projet « REGAIN » pour Orange) ou doivent faire face à de colossaux défis à relever (le financement des missions de service public pour La Poste), FO Com a plus que jamais un rôle déterminant à jouer. Les analyses et revendications, mais aussi les votes des élus FO Com obligent, dans un contexte économico-politique compliqué, dirigeants et actionnaires à considérer les intérêts des personnels, à commencer par les questions de l’emploi et des rémunérations. À nous, adhérents et militants d’expliquer à nos collègues l’importance de cette échéance électorale pour les convaincre de se mobiliser en novembre et de voter et faire voter FO Com. Se faire entendre, c’est déjà se défendre. Nous voici repartis en campagne électorale ! GROUPE LA POSTE 245 000 AGENTS APPELÉS AUX URNES Une liste de 11 candidats est présentée par FO Com pour ces élections dont le scrutin, à un seul tour, est prévu entre le 24 et 27 novembre 2025. 11 candidats venant de tous horizons et représentant tous les métiers du Groupe, maison-mère et filiales. Lors de l’élection 2020, le taux de participation a atteint à peine 50.93 % (65.24% chez les cadres et 45.02 % chez les non-cadres). Pourtant, la présence de représentants du personnel au CA revêt une importance capitale. En effet, c’est lors de ces instances que sont traités les sujets qui engageront le Groupe dans ses orientations stratégiques pour les années à venir. Ces dernières auront un impact certain sur les personnels et ceux-ci doivent donc être représentés. Nos élus sauront apporter leur pierre à l’édifice et contribueront, par leurs interventions, leurs actions, à l’amélioration des conditions de travail, à la revalorisation significative des salaires, etc… L’ambition ne s’arrêtera pas au résultat de l’élection, mais devra se poursuivre durant toute la mandature. Pour FO Com, laisser les autres choisir à notre place, c’est prendre le risque de passer à côté de sujets pourtant capitaux pour l’avenir de tous. C’est encore plus vrai aujourd’hui, alors que le Groupe se cherche un nouveau PDG. Interview des 2 têtes de liste isabelle fleurence et walter stefanello Isabelle, peux-tu nous dresser un bilan de la mandature passée ? IF : Il y a quatre ans, en début de mandature, nous étions en pleine crise sanitaire et le Groupe a dû adapter sa stratégie. À cette époque, j’ai interpellé les autres membres du CA en notant que le plan stratégique proposé changerait fondamentalement le visage de La Poste et la manière de travailler des postiers. Je trouvais que son déploiement auprès du personnel manquait de visibilité et le contenu du pacte social apparaissait insuffisant pour susciter l’adhésion du personnel. Mon rôle s’est donc attaché, avec le soutien et l’expertise des camarades de la Fédération FO Com, à participer aux orientations stratégiques de l’entreprise tout en défendant les intérêts des personnels. Quel rôle allez-vous pouvoir tenir lors de la prochaine mandature au regard de la complexité de l’entreprise et du contexte économique ? WS : Entre 2021 et 2023, le Groupe a réalisé beaucoup d’investissements de croissance externe pour diversifier et ainsi faire face à l’attrition du courrier. GeoPost, opérateur mondial, représente aujourd’hui 40 % du chiffre d’affaires. Notre rôle est de défendre l’emploi des postiers historiques, mais aussi des salariés des filiales de La Poste, et leurs conditions de travail, quels que soient leur métier et leur statut. Nous devons considérer La Poste comme une « mosaïque », maison-mère et métiers historiques / filiales et innovations, tout en prenant en compte l’homogénéité des aspirations des postiers et des salariés : rémunération, conditions de travail, mutuelle… IF : Nous allons continuer à faire de la question du pouvoir d’achat la priorité. C’était déjà le cas lors de la mandature passée. Quand j’ai dénoncé l’échec des NAO aux conséquences parfois dramatiques pour certains postiers, j’ai permis une prise de conscience. Le combat continue. Pensez-vous avoir une réelle efficacité ? IF : Oui, car nous portons la voix des salariés du Groupe. Nos informations sont plus précieuses qu’il n’y paraît. Certaines décisions stratégiques sont prises en tenant compte de nos remarques. N’y a-t-il pas cependant contradiction entre syndicalistes et administrateurs ? WS : Non, bien au contraire. Toutes les revendications et actions FO, le travail de tous nos camarades, sont présentés et expliqués au plus haut de notre entreprise. Les actionnaires et les autres administrateurs sont souvent loin de la réalité et des postiers. C’est indispensable de rappeler la résilience et l’exemplarité du travail des personnels qui permettent, justement, des résultats financiers à la hauteur. IF : Et il faut souligner que nous gardons toute notre indépendance. Les stratégies présentées forgent nos revendications. Nos analyses, et nos contributions influencent les décisions. Quel vont être vos priorités en ce début de nouvelle mandature ? IF : La compensation des missions de service public, car les conséquences de l’absence de financement retombent directement sur chaque postier, mais aussi sur le Groupe. A ce jour, la sous-compensation s’élève à 1,3Md€, ce qui n’est pas viable sur le long terme pour La Poste. WS : Et les salaires bien sûr. C’est un vrai problème que cette disette salariale. C’est la priorité des priorités, c’est une question de justice sociale. ÉLECTIONS CA 2025 LA POSTE POURQUOI VOTER ? POUR QUI VOTER ? Sauvegarde des emplois, rémunérations, égalité homme-femme, conditions de travail, évolution professionnelle, social, service public, sont autant de sujets que nos administrateurs sauront porter au Conseil d’Administration, là où les orientations stratégiques, économiques et financières de l’entreprise se décident. Le CA ne doit pas être la chasse gardée des actionnaires. Les administrateurs FO Com seront les garde-fous de leurs choix. Ensemble, imposons notre vision d’une politique générale volontariste, ambitieuse et tournée vers la reconnaissance du travail des postiers et des salariés des filiales car chaque décision prise aura un impact sur leur quotidien mais aussi leur avenir. Au travers de cette instance, FO Com défend chaque agent du Groupe. ORANGE FO Com Présente et Mobilisée pour les Élections au Conseil d’Administration Orange Les élections au Conseil d’Administration d’Orange approchent. Un moment toujours stratégique dans la vie de l’entreprise. Ce scrutin permet aux salariés de désigner leurs représentants dans l’instance où se prennent les grandes décisions économiques, sociales et industrielles. Habituellement, FO Com y participe activement. Cette année, les règles du scrutin et les conditions imposées ne nous permettent malheureusement pas de présenter de liste sous notre bannière syndicale. Pour autant, nous avons fait le choix clair et assumé de rester présents dans cette bataille électorale. Parce que renoncer à défendre les intérêts des salariés n’est pas dans l’ADN de FO Com, nous avons choisi de soutenir une liste constituée de candidats parrainés par des électeurs et partageant pleinement nos valeurs et nos priorités syndicales. Cette liste bénéficie donc du soutien officiel de FO Com, et nous appelons toutes celles et ceux qui nous font confiance à lui accorder leur voix. Au-delà d’un simple soutien, cette démarche traduit notre volonté de continuer à peser sur les décisions de l’entreprise, même dans un contexte électoral contraint. Voter pour cette liste, c’est montrer que FO Com reste une force syndicale active, écoutée et respectée chez Orange. vos candidats une représentation fidèle des salariés d’orange FO Com vous présente les candidats qu’elle soutient officiellement dans le cadre des élections au Conseil d’Administration d’Orange. Cette liste parrainée et soutenue par FO Com se compose de : Ces collègues, engagés et représentatifs des réalités du terrain, auront pour mission de défendre vos intérêts au plus près des instances stratégiques de l’entreprise. Leurs engagements pour vous : des revendications concrètes et cohérentes : Préserver vos droits et vos statuts : non à la remise en cause des acquis sociaux, oui à des conditions de travail dignes. Soutenir l’emploi et réinternaliser les activités stratégiques : non à la sous-traitance massive, oui à des équipes internes stables compétentes. Investir dans l’avenir : l’argent d’Orange doit servir à innover, se moderniser et garantir sa souveraineté numérique, pas à gonfler les dividendes. Exiger une vraie politique environnementale : pour un Orange responsable, aligné avec l’ambition Net Zéro Carbone. Protéger l’entreprise des logiques court-termistes : non à une gouvernance dictée uniquement par la finance. Et pour vous, salariés, les priorités portées par ces candidats sont claires et concrètes. Ils s’engagent à défendre une meilleure reconnaissance des compétences, à travers des parcours professionnels valorisants et des politiques de rémunération plus justes. Ils plaident pour l’amélioration des conditions de travail et une véritable attractivité des métiers, afin de redonner du sens et de la stabilité dans un contexte parfois fragilisé. Conscients des évolutions en cours, ils souhaitent accompagner la transformation de l’entreprise sans casse sociale, en misant sur l’humain : recrutements, formation, reconversion, soutien aux équipes et à l’encadrement. Ils revendiquent aussi plus de transparence sur les décisions stratégiques : leurs objectifs, leurs conséquences, et leur impact réel sur les salariés. Enfin, ils affirment une volonté forte de défendre un modèle d’entreprise durable et responsable, à la hauteur des enjeux sociaux, environnementaux et humains de notre époque. C’est avec la force de vous représenter et le courage d’agir qu’ils porteront votre voix au sein du Conseil d’Administration. Les élections des représentants du personnel au Conseil d’Administration d’Orange SA se dérouleront exclusivement par voie électronique, selon un calendrier précis : Premier tour : du 18 au 20 novembre 2025 Second tour éventuel : du 26 au 28 novembre 2025 Les listes candidates seront affichées à partir du : 21 octobre 2025 (pour le premier tour) 24 novembre 2025 (pour un second tour éventuel) L’entreprise annoncera officiellement ces élections le 18 septembre 2025. Pour pouvoir voter, les personnels doivent : Être en activité, en congé, mis à disposition ou détachés. Avoir au moins 16 ans. Justifier d’une ancienneté minimale de 3 mois au sein de l’entreprise. FO Com : Toujours à vos côtés Cette campagne est pour FO Com bien plus qu’une simple élection. Elle marque notre détermination à ne jamais abandonner le terrain syndical, même lorsque le contexte est compliqué. Elle nous permettra aussi de prendre le pouls de notre électorat et de préparer sereinement les combats à venir. En votant pour cette liste parrainée et soutenue par FO Com, vous montrez que notre syndicat reste un acteur essentiel du dialogue social chez Orange. Dans les semaines à venir, vous enverrons tous les outils pour faire connaître nos candidats et mobiliser vos collègues : affiches, tracts, visuels de campagne… Nous comptons sur vous pour relayer et amplifier cette dynamique. Parce que FO Com ne lâche rien, faites entendre votre voix et participez activement à cette campagne électorale. Ensemble, restons unis et visibles ! […]
23 septembre 2025Selon le dernier rapport de l’INSEE paru en juillet 2025, près de 10 millions de Français vivaient (et vivent) sous le seuil de pauvreté en 2023, un chiffre jamais atteint depuis 1996. Les inégalités, elles, seraient en forte hausse. Quand pauvreté rime avec précarité, 650 000 pauvres de plus par rapport à 2022 ! En 2023, le taux de pauvreté atteint un niveau record s’établissant à 15,4 % (+ 1 % par rapport à 2022) de la population occupant un logement ordinaire en France métropolitaine (en excluant les sans-abris et les logements mobiles). Ainsi, 9,8 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté monétaire, fixé à 1 288 euros net par mois (soit 60 % du revenu médian). Les familles monoparentales, les enfants mais aussi les chômeurs sont particulièrement exposés. Après un recul en 2022, le taux de pauvreté des familles monoparentales est en forte hausse avec 2,9 points en 2023, entraînant mécaniquement une hausse de la pauvreté chez les enfants de moins de 18 ans (21,9 %, + 1,5 point). L’arrêt des aides exceptionnelles versées à une partie importante de ces familles (indemnité inflation, primes) et la revalorisation en deçà de l’inflation des allocations logement sont une des répercutions néfastes sur leurs conditions de vie. Le taux de pauvreté des chômeurs augmente de 0,8 points et atteint 36,1 % de cette population. La réforme de l’assurance chômage, entrée en vigueur en février 2023, réduisant la durée d’indemnisation de 25 % pour les nouveaux entrants a été un facteur contribuant à cette aggravation. La pauvreté touche aussi les travailleurs indépendants avec 19,2 % tous secteurs confondus (+ 0,9 %) et les personnes seules (20,3 %). La part de pauvreté des actifs de 18 ans et plus se situe autour de 10,4 % (9,7 % en 2022). Quant aux retraités, si la hausse du taux de pauvreté est inférieure aux autres populations, il n’en demeure pas moins que 11,1 % des retraités sont pauvres, soit près de 1,9 millions de personnes. Une très grande pauvreté dans les régions ultramarines ! Les départements et territoire d’outre-mer sont les plus durement touchés par la grande pauvreté. Selon les données de l’Insee de 2021 et le dernier rapport de l’Observatoire des inégalités de 2025, les taux de pauvreté sont colossaux : 77,3 % à Mayotte, 53 % en Guyane, 34,5 % en Guadeloupe, 36,1 % à La Réunion, 26,8 % en Martinique… La grande pauvreté est 5 à 15 fois plus fréquente dans ces départements qu’en France métropolitaine. Elle y est aussi beaucoup plus intense. Dans les 4 DOM historiques (Guadeloupe, Martinique, Guyane et La Réunion), les familles monoparentales, les personnes sans emploi ainsi que les retraités sont particulièrement touchés. Outre sa dimension monétaire, la caractéristique majeure de la grande pauvreté par rapport à des situations moins aiguës de pauvreté est la fréquence de privations, y compris pour des besoins fondamentaux comme la nourriture ou l’habillement. Une hausse des inégalités qui se poursuit. La moitié des personnes sous le seuil de pauvreté vit avec moins de 1 041 euros par mois. Un chiffre d’autant plus préoccupant qu’il coïncide avec une hausse des inégalités de niveaux de vie, comme le souligne le rapport. Selon l’étude, les 20 % les plus modestes perçoivent 8,5 % de la somme des niveaux de vie et les 20 % les plus aisés, 38,5 %, soit 4,5 fois plus. Même après redistribution, les inégalités persistent : les niveaux de vie des 30 % les plus modestes diminuent, tandis que les 10 % les plus aisés voient leur niveau de vie croître de 2,1 %. À noter également que dans ce contexte, les classes dites moyennes ne sont pas épargnées et bon nombre d’entre elles voient leur niveau de vie reculer. 12,7 % de la population serait en situation de privation matérielle et sociale en 2024. La privation matérielle et sociale, définie au niveau européen, approche la pauvreté de façon différente de la pauvreté monétaire. Elle s’attache à évaluer l’incapacité pour des personnes à couvrir des dépenses de la vie quotidienne. En 2024, 12,7 % de la population métropolitaine vivant dans un logement ordinaire est en situation de privation matérielle et sociale. Ces personnes ne peuvent pas, pour des raisons financières, couvrir les dépenses d’au moins cinq éléments de la vie courante sur une liste de treize (pouvoir chauffer son logement, acheter des vêtements neufs, se nourrir correctement, partir en vacances une semaine…). Capitalisme sous perfusion, citoyens sous pression. Pour Force Ouvrière, dans un contexte de crise économique et face à une dette publique qui a augmenté, le Premier ministre veut imposer un plan de restrictions budgétaires. Celui-ci prévoit une « année blanche » sur l’ensemble des prestations sociales, minima sociaux et pensions, le doublement des franchises médicales, le gel du barème de l’impôt sur le revenu et de la CSG, la suppression de jours fériés ainsi que la remise en cause de la 5e semaine de congés payés. L’objectif affiché est de réaliser 40 milliards d’euros d’économies dès 2026. Ce nouveau rapport officiel démontre, si besoin en était, que les inégalités et la fracture sociale entre les populations les plus vulnérables ou modestes et celles des plus aisés (les plus riches) ne cessent de s’accroître ! Or, et c’est un paradoxe, cette année encore, les entreprises ont reçu près de 200 milliards d’aides ou d’exonérations sans contrepartie ! Concernant celles du CAC 40, de 2017 à 2024, elles ont cumulé 858 milliards de résultats et reversé 549 Mds à leurs actionnaires. Dans le même temps, elles ont bénéficié de 498 Mds d’allégements et exonérations de cotisations sociales ! Nous sommes dans un capitalisme sous perfusion, financé par l’argent public ! Dans ce contexte, nous nous devons de combattre toute injustice sociale et rappeler à ceux qui nous gouvernent, le fondement de la création de notre Sécurité Sociale en 1945 : « Garantir à chacun, qu’en toutes circonstances, il disposera des moyens nécessaires pour assurer sa subsistance et celle de sa famille dans des conditions décentes. » Combattre la pauvreté C’est agir pour réduire les inégalités sociales et culturelles, c’est considérer la vie humaine comme une richesse bien plus importante que le capital, c’est permettre à chacun de s’émanciper dans la vie, d’avoir un travail qualifiant et un salaire lui permettant de vivre décemment, c’est combattre toute forme de souffrance. […]
INTERNATIONAL
7 juillet 2026Les relations et les solidarités internationales ont toujours été liées au mouvement ouvrier. Fondée en 1945, la Fédération Syndicale Mondiale (FSM) ne survivra pas à l’emprise communiste, ce qui amènera les syndicalistes refusant le stalinisme à fonder la Confédération Internationale des Syndicats Libres. La CISL, qui n’aura de cesse de défendre les travailleurs et leurs droits, deviendra la Confédération Syndicale Internationale (CSI) en novembre 2006 rejoignant la Confédération Européenne des Syndicats fondée en 1973. La CES compte aujourd’hui 45 millions de membres. Léon JOUHAUX, président-fondateur de Force Ouvrière jouera un rôle majeur au sein de l’international. En 1919, il participe à la fondation de l’Organisation Internationale du Travail (OIT) et devient vice-président du Bureau International du Travail (BIT) après la seconde guerre mondiale. Prix Nobel de la paix en 1951, il œuvrera toute sa vie au sein du dialogue social international pour la paix, condition essentielle pour plus de justice sociale. Ainsi, la vieille CGT devenue la CGT-Force Ouvrière en 1948 s’est toujours inscrite dans les luttes syndicales internationales pour la défense des travailleurs mais aussi pour préserver la liberté syndicale. Globalement, FO agit pour le respect des conventions internationales, la lutte contre les violations des droits syndicaux et la protection des syndicalistes dans les pays à risque ainsi que pour la défense de l’indépendance syndicale ce qui fait dire à Léon Jouhaux : « Notre indépendance n’est pas une posture, c’est une condition d’efficacité. » Avec d’autres secteurs confédéraux, notre Fédération joue un rôle essentiel dans le mouvement syndical international en étant membre de la CISL et en participant activement à la CES. Ainsi nous agissons pour les personnels des postes, télécommunications, médias et secteur numérique, en suivant notamment les politiques de grands groupes internationaux et les conditions de travail dans les multinationales. En 2000, FO Com est l’une des organisations syndicales qui fonde UNI Global Union. Aujourd’hui, UNI c’est plus de vingt millions de travailleurs dans plus de 150 pays. Nous sommes ainsi engagés dans le secteur Poste et Logistique, ICTS (incluant les télécoms) mais également dans les secteurs femmes, jeunes et cadres où notre Fédération siège dans les comités directeurs européens et mondiaux. C’est ainsi un moyen de mettre en avant le syndicalisme à la française dont beaucoup de pays voudraient se prévaloir. Au travers de la CES, FO Com a porté les dossiers de la défense du principe « à travail égal, salaire égal » ainsi que la négociation sur le télétravail et le droit à la déconnexion, initiée en 2022 et qui s’est arrêtée en 2023 suite à la renonciation des employeurs. FO Com s’engage également dans les Accords-Cadres Internationaux (ACI) comme l’accord Geopost de 2017 avec un avenant en 2024 visant à réduire la sous-traitance et mettre en avant le devoir de vigilance, des droits syndicaux, de meilleures conditions de travail et de rémunération, c’est également le dialogue social dans les multinationales (par exemple l’accord Santé à Orange) ou la création de l’alliance syndicale mondiale de Geopost ou celle de l’alliance syndicale mondiale des travailleurs d’Amazon. Dans le secteur UNI Femmes, c’est le combat contre les discriminations et les violences à l’encontre des femmes, aboutissant entre autres à la recommandation et la convention 190, ratifiée tardivement par la France et malheureusement à droit constant. Chez UNI cadres, c’est une reconnaissance d’un travail fondateur sur le droit à la déconnexion, des contributions sur le télétravail et aujourd’hui un travail de fond sur l’arrivée de l’Intelligence Artificielle, des algorithmes dans le monde du travail (articles, témoignages européens, études, livrets à l’attention des syndicats et des salariés). 2025 voit naître un nouveau projet de directive européenne postale. Face à la baisse du courrier, la montée en puissance du e-colis, le désengagement de l’Etat sur les compensations des missions de service public, la posture passive des opérateurs historiques, la flexibilité de plus en plus forte dans les organisations de travail, la concurrence déloyale et l’arrivée de pseudo opérateurs et entreprises chinoises, il faut, en 2026, mener une véritable campagne pour défendre les activités postales, ses missions et les emplois postaux. FO Com est aujourd’hui présente et active au niveau européen et international par ses échanges réguliers avec la Confédération, ses contributions, auditions parlementaires ou sénatoriales et « call for evidence » auprès de la Commission Européenne sur des sujets tels que : la solidarité avec les syndicats dans les pays en difficulté, la défense des libertés syndicales, et l’aide lors de conflits sociaux à l’étranger. la participation aux travaux de la CES, de la CSI, et aux interventions auprès de l’Organisation internationale du travail. la veille sur les restructurations internationales des multinationales, le suivi des conditions de travail dans les secteurs du numérique et des télécoms ainsi que la coordination entre syndicats de différents pays. la mobilisation lors des journées internationales, la lutte contre le dumping social, et la défense des services publics (poste, télécoms, énergie). la formation de militants à l’échelle mondiale, les échanges d’expériences, et le développement de réseaux professionnels. la lutte contre le travail forcé, le travail des enfants, la promotion de normes sociales internationales et la défense de la négociation collective. En résumé, FO Com, avec la confédération Force Ouvrière, incarne une histoire de combat pour l’émancipation, l’indépendance et la justice sociale, qui s’inscrit aujourd’hui dans une dimension internationale. Face aux défis du XXIe siècle, elle continue de porter haut la bannière de la solidarité, des droits des travailleurs, et de la régulation des grands enjeux mondiaux. Force ouvrière donne naissance à l’OIT À la sortie de la première guerre mondiale, en 1918, Léon Jouhaux présente un projet de Conseil national économique chargé d’examiner tous les problèmes posés par le retour à la paix, pour « poursuivre une vision basée sur le principe qu’il ne saurait y avoir une paix universelle et durable sans un traitement décent des travailleurs ». En 1919, il prend une stature internationale et prend part à la mise en place de l’Organisation Internationale du Travail (OIT) et au Bureau International du Travail (BIT) à la tête duquel est nommé son ami Albert Thomas. Le Bureau international du travail est le secrétariat permanent de l’OIT. La mission de l’OIT est de rassembler gouvernements, employeurs et travailleurs de ses États membres dans le cadre d’une institution tripartite, en vue d’une action commune pour promouvoir les droits au travail, encourager la création d’emplois décents, développer la protection sociale et renforcer le dialogue social dans le domaine du travail. Force Ouvrière à l’International Trois questions à Branislav Rugani Secrétaire confédéral au Secteur International Europe – Relations internationales (CSI, CES, TUAC et relations bilatérales, CESE européen) – Institutions internationales (dont OIT et COP) – Comité d’entreprise européen (CEE) – Politique confédérale pour les jeunes – FO Jeunes Branislav, tu viens de dérouler un premier mandat au secteur international de la Confédération. Comment as-tu vécu ce premier mandat ? Quelles ont été tes priorités ? Les dossiers ont eu la fâcheuse tendance à se multiplier ces quatre dernières années. Le congrès de la CSI et les événements qui ont suivi ont été énergivores dès le départ. Le congrès de la CES, quant à lui, nous a permis de nous positionner clairement sur bon nombre de sujets européens qui nous ont ensuite conduits à devoir nous impliquer plus fortement et à faire entendre les positions de Force Ouvrière. Comme temps forts, il y a eu la préparation de la journée consacrée au devoir de vigilance précédée de la parution d’un livret que nous avons porté au niveau européen pour peser sur la directive que nous continuons à défendre. La journée de la Francophonie syndicale, couplée au sommet mondial organisé par la France, nous a permis de porter notre voix syndicale auprès d’acteurs internationaux. Enfin, un autre moment fort fut la réalisation de la journée sur l’IA sous le label du sommet mondial. Il faut également évoquer les négociations comme le télétravail et le droit à la déconnexion, les transpositions de directives mais aussi les aides apportées aux camarades qui sont emprisonnés, expatriés et pris dans des guerres qu’ils subissent. Demain s’ouvre un deuxième mandat : quelle suite aux dossiers européens ? La question des marchés publics, les emplois de qualité, la directive sur les CEE, l’IA, la question de la souveraineté, l’impact omnibus sur le devoir de vigilance ? Les sujets que tu évoques sont déjà sur la table et nous avons déjà mis en place des leviers pour actionner certains gardes-fous. Le seul sujet social de l’année au niveau européen est bien évidement celui des emplois de qualité. Pour ce faire, nous menons depuis 2025 une campagne avec la CES pour obtenir des garanties sociales, mais nous engageons également des discussions aux plus hauts niveaux de décisions européennes en notre propre nom pour les travailleurs de notre pays. Le « made in EU » est l’un des sujets très liés aux emplois de qualité. En effet, comment concevoir une réindustrialisation sans emplois de qualité socialement juste ? À cela s’ajoutent la sortie d’un livret sur les comités d’entreprises européens suivi d’une journée nationale, la présentation par un livret des fonds sociaux européens et la façon dont nous pouvons nous en saisir ainsi que la continuation de notre engagement à mieux cerner les enjeux de l’IA. Au-delà de cela, nous devons également réussir notre retour au conseil d’administration de l’OIT et faire face à la crise qui traverse cet outil Onusien et aux attaques que subit le multilatéralisme international. Cela implique plus de présence aux côtés de la CSI, de l’ACTRAV et un engagement plus intense dans les travaux de l’OIT avec notamment la Conférence Internationale du Travail. Pour conclure, je dirais que tout ce qui peut de près ou de loin aider à l’émancipation des travailleurs, au maintien et à l’amélioration des législations nous préoccupe et nous devons porter les lettres de FO au plus haut pour faire savoir quels sont nos engagements et quelles sont nos réussites. Chaque année, tu organises une rencontre des Fédérations. Qu’attends-tu des Fédérations ? Les rencontres avec les Fédérations nous permettent d’échanger autour des sujets européens et internationaux de façon régulière. Chacun y apporte sa voix pour trouver une position qui soit identique au sein de nos instances respectives. Bien au-delà de cela, c’est également préparer et anticiper les positions de demain en fonction des actualités et de notre mandat. FO Com à l’International AFOIT : association française pour l’OIT ICOSI : Institut de Coopération Sociale Internationale DAEI : Direction des Affaires Européennes et Internationales TUAC : Commission Syndicale Consultative auprès de l’OCDE OCDE : Organisation de Coopération et de Développement Economique Pourquoi FO Com s’investit dans les dossiers européens ? Attachée à une Europe dès 1957, FO au sein de la Confédération Européenne des Syndicats est partie prenante sur nombre de dossiers impactant les salariés comme les entreprises. À son niveau, FO Com est engagée avec la Confédération Force Ouvrière et UNI Global Union sur des dossiers comme celui de la souveraineté nationale, de l’IA générative, des salaires minima, de la révision de la directive postale. La nécessité du dialogue social dans les télécommunications Depuis 2023, UNI Europa ICTS s’est investi dans le projet européen AST (Accelerating Sustainability in Telecom) qui a pour objectif de contribuer à « la promotion du dialogue social dans le secteur des télécommunications, construire et renforcer la capacité des partenaires sociaux nationaux à soutenir la reprise après la crise de Covid et atteindre le double objectif de la Commission européenne en matière de transition. » En une phrase, il faut comprendre le potentiel des nouvelles technologies pour permettre la double transition dans les télécommunications, leur impact sur les besoins en compétences et le marché du travail dans le secteur et le rôle que les syndicats doivent jouer dans cette transition. Après plusieurs réunions et conférences réunissant les parties prenantes et les syndicats européens, il ressort que les technologies étudiées révèlent l’importance cruciale de la double transition pour le secteur des télécommunications. Leur impact potentiel est profond, notamment en termes de durabilité sociale et environnementale, mais leur déploiement doit être soigneusement géré pour éviter toute dégradation. Les opérateurs de télécommunications jouent un rôle clé car leur impact ne se limite pas à leurs activités : ils peuvent favoriser des applications durables dans d’autres secteurs via l’IA, le big data ou l’IoT. Ces technologies, à large champ d’application, modifient aussi la demande en compétences, avec une automatisation accrue et une croissance des emplois à distance. Le rôle des syndicats est essentiel pour garantir une transition coordonnée, en impliquant dès le départ les travailleurs pour gérer l’évolution des compétences et préserver la qualité des emplois. La gestion du dialogue social doit prendre en compte les enjeux liés à la vie privée et à la structure du travail, afin que la double transition soit socialement durable et bénéfique pour tous. À la lumière des défis soulevés, voici quelques recommandations préliminaires : le dialogue social doit évoluer pour préserver ses structures à l’ère numérique, notamment face à la dispersion des équipes et au télétravail en partageant davantage de connaissances techniques sur les nouvelles technologies et en privilégiant une implication précoce et continue. Chaque technologie a des effets distincts sur la durabilité sociale et environnementale. Il est recommandé par exemple la création de groupes de travail sur l’IA équitable. La double transition offre une occasion de faire évoluer l’offre des opérateurs télécoms, tant en termes de produits que de compétences requises. Le dialogue social doit accompagner cette transformation, en intégrant la réflexion sur la reconversion des rôles, l’évolution des compétences et la conception de nouveaux services. Les syndicats disposent d’une expertise précieuse sur des questions déjà abordées, telles que la protection des données ou les conditions de travail. Leur contribution peut orienter l’élaboration de normes adaptées dans le contexte de l’IA et du big data. La législation nationale et européenne influence fortement le processus de dialogue social. Les entreprises doivent s’adapter aux réglementations en vigueur, tandis que les syndicats peuvent militer pour des cadres juridiques plus protecteurs, renforçant ainsi le pouvoir des travailleurs à l’ère numérique. Après deux ans de travaux, les participants ont finalisé une déclaration commune des partenaires sociaux visant à « poursuivre l’adoption responsable des technologies de rupture, en veillant à ce que le secteur des télécommunications reste un catalyseur de la durabilité, de l’équité numérique et de la résilience économique. » Parallèlement, Annick Starren, de l’Agence européenne pour la sécurité et la santé au travail (EU-OSHA), a rappelé l’impact de la transition numérique sur la santé et la sécurité des travailleurs : « Le changement viendra, mais c’est le rythme du changement qui détermine les résultats en matière de santé. Et il arrive plus vite que nous ne l’avions prévu. Nous menons donc une campagne de sensibilisation aux risques – qu’ils soient psychosociaux ou physiques – et encourageons l’évaluation des risques. » La Poste face à un tournant historique La conférence mondiale Poste et Logistique de mai 2026 a souligné la crise profonde que traverse le secteur postal mondial, avec une baisse de 5 % par an des volumes de lettres, remplacés en partie par la croissance des colis due au commerce électronique. Face à cette réalité, la nécessité de préserver le service universel, garantissant un accès de qualité à tous, notamment dans les zones rurales, est plus cruciale que jamais. Comme l’a rappelé Dimitris Theodorakis, Directeur Poste et Logistics de UNI Europa, 2026 est une année critique pour l’Union européenne, où la suppression de l’obligation de service universel (OSU) dans certains pays, comme le Danemark, a entraîné la disparition immédiate de milliers d’emplois et une dégradation des services. Les intervenants ont insisté sur le rôle central de la régulation et du financement public pour maintenir ces missions. Stephen Dematteo au nom de l’APWU et de son syndicat américain partenaire, le NALC, a souligné que le secteur postal doit continuer à être un vecteur de démocratie, notamment à travers le vote par courrier, qui reste une pierre angulaire. En Inde, Sivaji Vasireddy a présenté comment la Poste, avec ses 165 000 bureaux de poste, joue un rôle stratégique dans l’inclusion sociale et financière, notamment dans les zones rurales, en proposant des services bancaires et logistiques, tout en modernisant ses outils pour faire face à la concurrence. Joseph Yao Hotor, Secrétaire Général du CWU Ghana, a expliqué comment GhanaPost a tiré parti de sa couverture géographique et de la confiance que lui accorde le public pour proposer des services financiers, notamment par le biais de partenariats avec des sociétés de transfert d’argent au service des communautés, en particulier dans les zones reculées et difficiles d’accès. Alex Sirieys, responsable du secteur international pour FO Com a souligné que la responsabilité des États est primordiale pour assurer un financement adéquat des missions de service public. La responsabilité des missions de service public doit être reconnue, et celle des États doit être exercée pour garantir la souveraineté nationale face à une concurrence déloyale, notamment des plateformes chinoises ou américaines comme Amazon, qui détiennent aujourd’hui jusqu’à 15 % de parts de marché en France. L’objectif recherché est de renforcer le service universel, d’éviter une dérégulation excessive, et de garantir des conditions équitables pour tous (préserver la cohésion territoriale et éviter la déconnexion sociale). Un enjeu majeur pour l’avenir est aussi celui du dernier kilomètre, qui représente souvent le plus grand défi logistique. La croissance exponentielle du marché des colis, avec une augmentation de 300 % entre 2011 et 2021, met à rude épreuve la capacité des opérateurs à assurer une livraison rapide et efficace, tout en maîtrisant les coûts. La livraison du dernier kilomètre, souvent effectuée par des sous-traitants ou des services indépendants, doit devenir une priorité pour garantir la qualité du service, la sécurité des emplois, et la satisfaction des clients. La lutte contre la fragmentation, la montée en puissance des nouveaux entrants, et la nécessité de réguler le secteur sont autant de défis à relever pour assurer une livraison accessible, durable, et socialement responsable. Pour défendre ces missions essentielles, la diversification apparaît comme une stratégie clé. La Poste en Europe, avec ses 1,8 million d’emplois, doit continuer à évoluer en proposant des services sociaux, de proximité, de santé, ou encore liés à l’environnement. Margaux Meidinger de Posteurop (opérateurs postaux) a illustré comment de nouveaux profils, comme les agents de proximité ou les formateurs en bien-être, peuvent renforcer la cohésion sociale et créer des emplois de qualité. Face à ces défis, les syndicats soutiennent l’option 3 proposée par la Commission européenne, seule option qui permettrait d’intégrer pleinement les colis dans le cadre du service universel et d’imposer des normes sociales et environnementales contraignantes à tous les opérateurs de livraison. Les syndicats appellent également à une régulation européenne forte, à un financement durable, et à une modernisation respectueuse des missions sociales. La diversification, à travers des services innovants, est la clé pour défendre l’avenir des 1,8 million d’emplois en Europe. La préservation du service universel n’est pas seulement une exigence économique, c’est une nécessité sociale pour garantir la cohésion, l’inclusion, et la stabilité dans un secteur en pleine mutation. SAUVONS NOTRE POSTE Le 16 avril 2026 à Bruxelles, les organisations syndicales européennes et françaises CFDT-CGT-FO, les associations de consommateurs, des parlementaires européens, ont lancé une campagne pour défendre notre avenir et appeler la Commission européenne à une réforme ambitieuse pour garantir une distribution abordable des lettres et des colis et faire contribuer équitablement les opérateurs privés à l’infrastructure postale publique. FO appelle à se mobiliser et à signer massivement la pétition ici […]
21 juin 2026Les fondateurs de Force Ouvrière ont toujours défendu l’idée d’une Europe dès sa naissance et plus encore aujourd’hui celle d’une Europe sociale. C’est bien ainsi que FO, au sein de la Confédération Européenne Syndicale, est partie prenante dans un certain nombre de dossiers européens : La question des marchés publics: pour FO, les contrats doivent être donné aux entreprises qui appliquent des conventions collectives et jouent le jeu de la négociation collective. En effet, l’argent public devrait être utilisé pour obtenir des salaires et des conditions de travail décents au lieu de les affaiblir. La Commission présentera son projet et organisera un « Sommet des marchés publics » à Bruxelles le 14 avril 2026. L’objectif est de réunir tous les acteurs concernés à Bruxelles pour plaider en faveur d’une révision des règles relatives aux marchés publics, afin de favoriser la négociation collective et les emplois de qualité. Des emplois de qualité: L’initiative est présentée par la Commission comme une réponse aux défis persistants liés à la qualité de l’emploi sur le marché européen du travail, parmi lesquels l’intensification du travail, la numérisation et l’IA, Sécurité et santé au travail (SST), y compris les risques psychosociaux, la fragmentation des relations de travail et l’application insuffisante des normes du travail mais également le rôle des partenaires sociaux. La deuxième phase de consultation des partenaires sociaux par la Commission est attendue au printemps 2026, ce qui pourrait ouvrir la voie à une proposition législative concrète. La directive révisée sur les comités d’entreprise européens (CEE) a été officiellement adoptée par l’UE en octobre 2025 (les États membres disposent d’un délai de deux ans pour transposer la directive en droit national) : La révision porte sur des faiblesses anciennes du cadre existant, notamment l’information et la consultation tardives ou inefficaces, le recours excessif à la confidentialité, une application insuffisante et l’accès limité aux voies de recours. Elle consolide les définitions, renforce les droits de consultation, améliore les dispositions d’application, clarifie le rôle des CEE dans les décisions stratégiques des entreprises et fournit aux syndicats de meilleurs outils pour protéger les travailleuses et travailleurs pendant les restructurations et influencer la prise de décision transnationale. UNI Europa contribuera à la boîte à outils commune avec des exemples sectoriels et des considérations pratiques de négociation intéressant les secteurs des services et révisera ses orientations existantes concernant les CEE ainsi que sa stratégie à l’égard des multinationales. La question de la souveraineté ou la voie d’un programme « Made in Europe – Buy European »: Les changements géopolitiques rapides de la décennie écoulée se sont accélérés l’année dernière, avec la première année de la deuxième administration Trump. Ils ont porté au premier rang des priorités politiques de l’UE la lutte contre les dépendances de l’Europe dans des secteurs stratégiques de notre économie : industrie et numérique. Premièrement, l’Industrial Accelerator Act définit le cadre de la transition des secteurs à forte intensité énergétique et devrait constituer un outil majeur pour stimuler la production industrielle ? Deuxièmement, la réforme des marchés publics doit être utilisée comme un outil pour promouvoir un programme « Buy European » en créant des marchés pour les entreprises de l’Union. Enfin, la politique de l’UE doit être soutenue par des investissements massifs, notamment en accélérant la mise en place du Fonds européen pour la compétitivité, inclure des conditions sociales qui garantissent que l’argent public va aux entreprises qui créent et maintiennent des emplois de qualité en Europe et enfin ne doit pas être sapée par des politiques de dérégulation, telles que celles contenues dans les rapports Letta et Draghi ou la législation Omnibus de la Commission. Il y a urgence à diversifier l’offre de services numériques, afin de réduire les risques que la domination américaine dans ce domaine ne soit utilisée comme une arme potentielle. La concurrence sur les normes américaines est une stratégie perdante, tout comme le serait celle sur les normes chinoises. La Commission Européenne a souhaité un « 28e régime pour les entreprises », un régime différent de celui des 27 États membres de l’UE. Ce sera un outil visant à « aider les entreprises innovantes à se développer » en harmonisant et en simplifiant certaines obligations pour les entreprises « innovantes », un 28e régime juridique, qui simplifiera les règles applicables et réduira le coût de l’échec, y compris tous les aspects pertinents du droit des sociétés, de l’insolvabilité, du droit du travail et du droit fiscal. » Bien que la proposition ne comprenne aucune disposition relative au droit du travail, les syndicats ont fait part aux législateurs de leur inquiétude quant au fait qu’une telle proposition en matière de droit des sociétés pourrait encore créer des failles dans les obligations des entreprises en matière d’information et de consultation. FO Communication au sein de UNI Europa (Fédération Internationale) est pour son domaine investi dans plusieurs autres dossiers : « Façonner l’IA générative pour une économie de services durable et équitable » est un axe de travail d’UNI Europa, cofinancé par l’UE, qui vise à renforcer la capacité des partenaires sociaux européens et de leurs organisations membres nationales notamment dans les secteurs de l’audiovisuel, de la banque et des télécommunications. L’objectif principal est d’étudier les impacts économiques et sociaux de l’IA générative sur les travailleuses et travailleurs de ces secteurs. En promouvant une approche centrée sur l’humain, le projet vise à garantir que les IA améliorent les capacités humaines au lieu de les remplacer, en respectant les droits et la dignité des travailleuses et travailleurs tout en fournissant aux entreprises un cadre clair pour l’adoption de l’IA. Un atelier de travail regroupant près de 45 représentants syndicaux (dont FO Com) et du patronat ont mis en évidence le fait que les règles existantes au niveau des entreprise en matière d’utilisation des technologies de l’information et de protection des données sont insuffisantes pour faire face à l’ampleur et à la rapidité de ces changements. Bien que les effets de l’IA générative diffèrent d’un secteur à l’autre, des enjeux communs ont été identifiés, notamment des changements dans les compétences requises, l’intensité du travail, les modèles de gouvernance et les questions de confiance, de propriété intellectuelle et de rémunération équitable. De même, l’innovation, l’investissement et les gains de productivité ne suffiront pas à assurer une adoption durable et bénéfique de l’IA. L’adoption de l’IA générative centrée sur l’humain n’est possible que dans le respect des normes éthiques, des cadres juridiques et des droits fondamentaux européens. Une conclusion essentielle a été le rôle central du dialogue social et de la négociation collective au niveau des entreprises, des secteurs, des pays et de l’Europe. La directive européenne relative à des salaires minimaux adéquats (AMWD), qui comprend une obligation générale de promouvoir la négociation collective, a été contestée devant la Cour de justice de l’Union européenne. Après des mois de délibération et un avis défavorable de l’avocat général, la Cour de justice de l’Union européenne a confirmé la majorité du texte de la directive européenne relative à des salaires minimaux adéquats (2022/2041) le 11 novembre 2025. Dans son arrêt, la Cour de justice de l’Union européenne clarifie trois points fondamentaux sur le droit de négociation collective basé sur les articles 152-153 du Traité sur le fonctionnement de l’UE (TFUE) : le droit à la liberté d’association ne limite pas les mesures régissant le droit à la négociation collective,  le Traité sur le fonctionnement de l’UE donne à l’Union européenne le pouvoir de légiférer sur des mesures visant à promouvoir la négociation collective et l’exclusion du « droit d’association » et du « salaire » de la législation européenne en matière de politique sociale vise principalement à préserver l’autonomie des partenaires sociaux au niveau national. Il ne s’agit donc pas de justifier le désengagement des employeurs de la négociation collective. Cet arrêt est d’une très grande importance pour le mouvement syndical européen en général et pour UNI Europa en particulier. La bataille est à tous les niveaux, locale, nationale et européenne : tous les éléments convergent vers la nécessité d’être présent et de siéger pour réaffirmer nos positions et revendications.  La pugnacité de FO Com dans ces dossiers européens a déjà confirmé la nécessité du dialogue social (rappelé à plusieurs reprises depuis un an par la Commission Européenne) et le renvoi à la négociation collective. […]
2 juin 2026La CIT, Conférence Internationale du Travail, au siège de l’OIT, vient d’ouvrir sa quinzaine de travaux où Force Ouvrière sera partie prenante avec d’autres syndicats (au même titre que les gouvernants et les organisations d’employeurs). Cette année, le travail sera d’autant plus ardu que les libertés publiques sont plus que remises en cause partout dans le monde et notamment les droits syndicaux en France ! La Confédération Syndicale Internationale publie ainsi son indice annuel des droits dans le monde faisant état d’une dégradation sans précédent des libertés publiques dans le monde, et au premier plan la liberté d’expression et de réunion visant les syndicalistes – avec la pire note moyenne par pays en Europe et sur le continent américain depuis la première édition de l’Indice en 2014 ! En 2026, les dix pires pays au monde pour les travailleurs et les travailleuses sont l’Argentine, la Biélorussie, l’Egypte, l’Equateur, l’Eswatini, le Myanmar, le Nigéria, le Panama, la Tunisie et la Turquie. Seuls trois pays ont amélioré leur classement : le Botswana, le Royaume-Uni et l’Uruguay tandis que quatre autres pays ont vu leur note se dégrader : l’Albanie, l’Argentine, le Panama et la France. Sept pays ont été inscrits dans la liste des pays à surveiller en raison d’une augmentation rapide du nombre de violations : les Etats-Unis, la Guinée-Bissau, Israël, le Libéria, les Philippines, la République de Moldavie et le Zimbabwe. Les chiffres sont sans appel sur la dégradation des droits fondamentaux des travailleurs dans le monde. Des atteintes au droit à la liberté d’expression et de réunion ont été signalées dans 50% des pays. Les autorités ont arrêté ou placé en détention des travailleurs dans 75 pays. Le droit à l’enregistrement officiel des syndicats a été entravé dans 75% des pays. Les travailleurs ont subi des violences dans 32% des pays. Le droit de grève a été violé dans 87% des pays. Les travailleurs ont eu un accès limité, voire aucun accès, à la justice dans 72% des pays. Le droit à la négociation collective a été restreint dans 121 pays. Concernant la France, sa position est passée de la catégorie « Violations réitérées des droits » à « Violations répétées des droits ». Cette dégradation est le fruit de menaces croissantes sur l’activité syndicale en France, à l’image des bourses du travail de plus en plus menacées par les collectivités locales ou des poursuites judiciaires notamment à l’initiative d’employeurs. Pour FO, la situation est profondément alarmante et nécessite plus que jamais de s’appuyer sur l’Organisation Internationale du Travail, cheffe de file de la régulation sociale au niveau mondial, alors que vient de s’ouvrir la Conférence Internationale du Travail 2026. Cette urgence est également l’opportunité de remettre au cœur de la politique extérieure de la France et de l’Union Européenne le respect des libertés fondamentales, à commencer par la liberté syndicale ! […]