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NEWS
7 juillet 2026La santé mentale est aujourd’hui devenue un véritable enjeu de santé au travail. Charge mentale, transformations permanentes, perte de repères, tensions relationnelles ou encore surcharge d’activité peuvent fragiliser durablement les salariés. En France, plusieurs études récentes estiment qu’environ un salarié sur cinq se trouve en situation de détresse psychologique. Les conséquences sont bien connues : fatigue chronique, épuisement professionnel, absentéisme, isolement ou difficultés à maintenir un équilibre entre vie professionnelle et personnelle. Face à cette réalité, l’accord QVCT (Qualité de Vie et Conditions de Travail) de La Poste, négocié et signé par FO Com, renforce les dispositifs de prévention et d’accompagnement autour de la santé mentale au travail. Parmi les mesures mises en avant figure le développement du rôle des psychologues du travail. Leurs missions consistent à accompagner les collectifs et les agents confrontés à des difficultés professionnelles, à prévenir les risques psychosociaux et à contribuer à l’amélioration des conditions de travail. Ils interviennent également auprès des managers et des équipes afin d’aider à mieux identifier les situations de fragilité ou de souffrance. FO Com se réjouit du déploiement par La Poste d’un « Portail Psy », accessible depuis un ordinateur, une tablette ou un smartphone. Ce dispositif permet aux postières et postiers d’échanger de manière confidentielle avec un psychologue par téléphone, par chat ou par visioconférence. Des fiches pratiques et des conseils y sont aussi proposés autour du stress, des émotions, de l’épuisement professionnel ou des difficultés personnelles et professionnelles. En complément, une ligne d’écoute psychologique reste accessible 24h/24 et 7j/7 au 0 800 400 750 (Appel gratuit et confidentiel). Ce numéro permet d’obtenir rapidement une écoute, un soutien psychologique et, si nécessaire, une orientation vers un accompagnement adapté. L’accord QVCT rappelle également l’importance de la prévention collective : espaces de discussion sur le travail, amélioration du dialogue dans les équipes, reconnaissance du travail réalisé et vigilance face aux situations d’isolement ou d’hyperconnexion. Pour FO Com, la santé mentale ne doit plus être un sujet tabou. Prendre soin de soi, demander de l’aide ou échanger sur ses difficultés professionnelles est aujourd’hui essentiel pour préserver durablement sa santé et la qualité du collectif de travail. Pour notre organisation syndicale, La Poste doit aller encore plus loin dans sa démarche, sur le nombre de psychologues à recruter et sur le fait d’intégrer systématiquement le sujet des risques psychosociaux dans les études d’impacts de chaque projet. […]
7 juillet 2026Le groupe Orange ne fait pas exception à la règle en termes d’identification des Risques Psychosociaux. Rappelons que le DUERP (Document Unique) sert à identifier les risques, et le PAPRIPACT (Programme Annuel de Prévention des Risques et d’Amélioration des Conditions de Travail) est un document visant à identifier, prévenir, réduire les risques professionnels tout en améliorant les conditions de travail au sein d’une entreprise. Ces documents étant présentés aux élus des CSE et des CSSCT. La rédaction de ces documents effectuée par le service de Prévention émet des préconisations et des plans d’actions soumis à la direction d’une entreprise, qui décidera de ce qu’elle accepte de valider. Mais de quoi parle-t-on exactement ? D’une manière générale, certains risques sont en effet liés à l’activité d’une entreprise tels que le risque nucléaire, risque bactériologique, risque industriel, transport de matières dangereuses… d’autres risques sont par contre présents dans toutes les entreprises car ils sont parties prenantes de la vie d’une entreprise et de ses salariés tels que les risques routiers, contraintes posturales et biomécaniques, déplacement à pied, organisation des secours… En effet, ces risques sont alors impossibles à exclure, toute entreprise y étant confrontée. Cependant chez Orange, comme dans de très nombreuses entreprises en France, nous constatons l’identification de certains risques tels que les risques psychosociaux déclinés en plusieurs items, comme l’insécurité socio-économique, l’exigence au travail, les rapports sociaux, les facteurs d’ambiance et d’environnement, les exigences émotionnelles… Il n’apparaît pas nécessaire d’analyser les causes de ces risques, ni les raisons de leur accroissement d’une année sur l’autre, celui-ci s’inscrivant directement dans la stratégie de l’entreprise. En effet, l’objectif de la gouvernance d’Orange étant de diviser les effectifs par 2 d’ici 2030, les salariés subissent des transformations incessantes, des déménagements, une surcharge de travail… sans pour autant avoir le temps de s’adapter. Cela engendre un sentiment d’insécurité et de lassitude, accompagné de craintes tant vis-à-vis de l’avenir que de la ligne managériale, ainsi qu’une démotivation, une perte de repères et une difficulté à se projeter à court terme… Toute communication de l’entreprise étant dépourvue de sens. Alors OUI, les RPS sont bien présents ! Le fait que ces mêmes risques soient décrits dans ces documents permet malheureusement à l’entreprise de se donner bonne conscience sur le maintien du dialogue social tout comme la prise en compte de la dimension humaine. Les femmes et les hommes d’Orange étant « soi-disant » la préoccupation première de la gouvernance. Cependant, si la stratégie d’Orange était réellement en faveur de la QVCT, ces risques existeraient-ils ? La réponse est NON ! Pourquoi ne pas traiter le problème à la source ? Et faire en sorte qu’ils n’existent plus ? FO Com rappelle à l’entreprise qu’il s’agit d’un simple lien de cause à effet et demande que la pression exercée sur ce qui constitue la force du Groupe Orange — ses femmes et ses hommes — cesse. FO Com appelle à rétablir une qualité de vie au travail, qui relève de l’obligation de l’employeur. […]
7 juillet 2026Le 30 avril 2026, l’équipe FO Com DOGNE était présente sur les sites Orange de Joliet et Albert Premier à Dijon pour aller à la rencontre des salariés et porter nos revendications au plus près du terrain. Sandra Nadeau, Christophe Loisel, Pascal Leroy, Johan Vandystadt, Thomas Steiner et Patricia Janski ont mené cette distribution dans une ambiance dynamique et conviviale. Nos casquettes et T-shirts FO Com n’ont d’ailleurs pas laissé les collègues indifférents : un véritable effet « waouh » qui a facilité de nombreux échanges. Cette action a permis d’aborder plusieurs sujets importants du quotidien des salariés. Beaucoup ont partagé leurs difficultés face à la polyvalence devenue excessive : multiplication des tâches, outils numériques trop nombreux, bugs, perte de temps et fatigue. FO Com continue de dénoncer ces situations et demande davantage de simplicité, de fiabilité et d’accompagnement humain. Les discussions ont également porté sur l’accord local Regain, que FO Com n’a pas signé en raison de l’absence de véritables contreparties financières et de reconnaissance pour les salariés. Enfin, nous avons rappelé notre revendication pour 3 jours de télétravail par semaine pour tous les salariés éligibles, afin de réduire les contraintes de transport, améliorer la qualité de vie au travail et répondre aux réalités actuelles. Cette journée à Dijon confirme l’importance d’une présence syndicale de proximité. Les échanges menés lors de cette distribution ont montré l’attente forte des salariés d’être écoutés et entendus sur leurs réalités quotidiennes. Beaucoup ont apprécié cette présence et la possibilité d’échanger librement sur leurs difficultés mais aussi sur leurs attentes pour l’avenir. Ces moments de proximité sont essentiels pour porter la voix des collègues et continuer à défendre des conditions de travail plus justes et plus humaines. […]
7 juillet 2026Depuis plusieurs mois, les élections CSE de l’UES Iliad étaient au cœur des enjeux sociaux chez Free. Organisées en deux tours, du 14 au 21 avril 2026 puis du 29 avril au 6 mai 2026, elles ont marqué un tournant avec une mobilisation historique, jamais atteinte jusqu’ici. Dès janvier, l’équipe Force Ouvrière Free UES Iliad, première organisation syndicale, avait reçu le soutien affirmé de la Fédération FO Com, ainsi que de Frédéric Souillot, Secrétaire Général de Force Ouvrière. Une présence forte qui témoignait déjà de l’importance de ce scrutin pour les 5 000 salariés de l’UES Iliad. Cette année, pas moins de sept syndicats étaient en lice, un record à l’UES Iliad. Force Ouvrière Communication, première organisation lors du précédent mandat, avait un objectif clair : conserver sa première place. Malgré une campagne particulièrement offensive de certains concurrents, FO a su rassembler largement. Mais le principal enseignement de cette élection reste la mobilisation exceptionnelle des salariés. Alors qu’il y a quatre ans la participation avait été particulièrement faible, plus du double d’agents se sont cette fois mobilisés pour voter en ligne. Dans un contexte beaucoup plus fragmenté, avec sept organisations syndicales contre trois en 2022, FO réalise près de 30 % des voix et obtient plus du double de suffrages par rapport au précédent scrutin. Une dynamique impressionnante qui confirme l’ancrage de FO auprès des salariés de l’UES Iliad. Au premier tour, seul le collège des cadres avait atteint le quorum. Au second tour, l’équipe FO a réussi à mobiliser davantage encore les employés de leur collège, renforçant ainsi son nombre de sièges et sa position de première organisation syndicale. Cette victoire constitue avant tout une reconnaissance du travail mené quotidiennement par l’équipe pour défendre les agents et porter leurs revendications au plus haut niveau. […]
7 juillet 2026L’Assemblée Générale du syndicat FO Com Télécom Picardie Champagne-Ardenne s’est tenue le jeudi 16 avril à Saint-Quentin, sous la présidence de Christine Besseyre, Secrétaire Générale. Cette réunion a rassemblé une vingtaine d’adhérents du périmètre. Le secrétaire territorial et DSCO, Denis Domont, a présenté son rapport d’activité et a échangé avec les participants sur l’actualité du périmètre CSE, notamment les conséquences de la nouvelle organisation « Regain » d’Orange, structurée autour de directions métiers. Il a, par ailleurs, rappelé que notre syndicat n’a pas signé le projet d’accord proposé sur les périmètres où FO Com était présent lors des négociations. La trésorière, Jessica Ansel, a ensuite présenté son rapport financier. Ces deux rapports ont été adoptés à l’unanimité. Le Secrétaire Général de l’UD de l’Aisne, David Wlodarczyk, est ensuite intervenu pour évoquer l’actualité du moment, notamment le congrès confédéral de Dijon. Il a également souligné l’importance de défendre le 1er mai, journée internationale des droits des travailleurs. La parole a ensuite été donnée à Gérard Albessart, responsable national des retraités qui a insisté sur la perte de pouvoir d’achat des retraités mais aussi sur le rôle au sein de notre fédération de ces fidèles adhérents. Les retraités constituent un soutien essentiel au fonctionnement de nos structures syndicales. La conclusion a été assurée par notre secrétaire générale, qui a centré son intervention sur les évolutions statutaires adoptées lors du dernier congrès et sur la création des nouveaux syndicats. Elle a également évoqué les élections CAP-CCP prévues en fin d’année chez Orange, en insistant sur l’importance d’y obtenir de bons résultats. Cette échéance nationale sera la dernière avant les élections CSE de 2027. Les résultats permettront de mesurer le travail accompli au quotidien. L’année 2027 s’annonce ainsi déterminante, avec pour objectif de retrouver notre représentativité et la place qui est la nôtre. […]
26 mai 2026Christine Besseyre , Secrétaire Générale de FO Communication, a été désignée membre du Conseil économique, social et environnemental (CESE) par le Secrétaire Général de FO, Frédéric Souillot. Créé notamment sous l’impulsion de Léon Jouhaux, le CESE constitue la troisième assemblée de la République, aux côtés de l’Assemblée nationale et du Sénat. Composé de 175 membres issus des organisations syndicales, associatives et patronales, il représente la société civile organisée et contribue à la participation citoyenne au débat public. La délégation Force Ouvrière y compte neuf représentants. Le mandat des membres du CESE est fixé à cinq ans. […]
DOSSIERS
16 décembre 20252025 a été une année où le monde du travail et la société ont été secoués par des transformations, des réformes et des mobilisations inédites. Entre décisions politiques, mutations dans les entreprises et luttes collectives, chaque événement a mis en lumière les enjeux sociaux, économiques et humains qui façonnent notre quotidien. Cette rétrospective revient sur les moments forts de l’année : des négociations et accords historiques aux mobilisations syndicales, en passant par la défense des droits des salariés et des retraités. Elle raconte une année intense, où vigilance, engagement et solidarité ont été plus que jamais nécessaires pour préserver les droits acquis et construire un avenir plus juste. Au fil de ces pages, c’est un panorama vivant de 2025 qui se dessine, celui d’une année marquée par les combats, les réussites et les défis, mais aussi par la détermination de celles et ceux qui, au quotidien, se battent pour que la justice sociale et la solidarité restent au cœur de notre société. Hiver Printemps Été Automne Hiver 2025 2025 : une année marquée par notre combat contre l’austérité ! Cette année compte déjà trois nominations de Premier ministre, et pourtant les politiques budgétaires gouvernementales se suivent et se ressemblent. Il en est ainsi de l’entêtement à poursuivre l’imposition de restrictions budgétaires pour les plus nombreux, tout en sauvegardant le portefeuille et le patrimoine des plus riches. La France ne s’est pourtant pas globalement appauvrie ! La croissance économique n’a pas fait défaut. Alors que sont devenus les fruits de cette croissance si faibles soient-ils ? La réponse se trouve dans les écarts de rémunération entre classes sociales, écarts qui se sont creusés au détriment des plus modestes. L’appauvrissement touche tous les actifs tels que les employés du public comme du privé, non cadres, cadres, cadres supérieurs, les ouvriers, les travailleurs indépendants, les petits patrons, mais aussi les retraités, les chômeurs, les familles isolées… Cette évolution pose moins la question de la croissance que celle de sa répartition. En cette année 2025, Force Ouvrière n’a de cesse de ferrailler contre ce déluge d’austérité qui continue de menacer les travailleurs, les assurés sociaux et les services publics. Les propositions de lois de finances et de lois de financement de la Sécurité sociale ont un goût de déjà-vu. Il en est ainsi du gel des prestations sociales, des pensions, du barème de l’impôt sur le revenu ou encore du point d’indice dans la fonction publique. Force Ouvrière refuse et combat les dispositions abaissant les droits en matière de santé, les projets fiscaux impactant les retraités ou encore les suppressions d’emplois projetées dans le public. Dans le même temps quels sorts réservent les projets gouvernementaux aux grandes entreprises et aux ménages aux très hauts revenus ? Quelques efforts bien inférieurs à leurs possibilités de contribution et bien loin proportionnellement à ceux qu’on exige des plus modestes. Mise en place du CSE À LA POSTE La mise en place des CSE a bouleversé le paysage syndical. Ça, ce n’est pas un mystère ! Au vu des moyens alloués, divisés par cinq, faut-il le rappeler ? Au vu également du nouveau schéma du dialogue social, respecté aléatoirement sur le territoire, au vu, enfin, de cet « animal nouveau » qu’est l’instance en elle-même, composée d’élus de tous horizons et tous niveaux face à une Direction tout aussi néophyte… 32 nuances de CSE à travers la France. Chacun représentant à la fois un périmètre et un métier, chacun obéissant à une répartition syndicale particulière, chacun aurait des choses à raconter à l’aube de ce premier anniversaire. Alors qu’il était prévu une instance par mois, certains CSE ont explosé le compteur pour atteindre parfois 60 réunions ! D’autres, au vu d’un dialogue social étroit, restent arc-boutés sur des postures d’opposition. D’autres, enfin, fonctionnent, cahin-caha, avec leur lot de difficultés comme la gestion des Activités Sociales et Culturelles, comme l’élaboration d’un ordre du jour parfois démentiel, comme la sensibilité des sujets traités, notamment en termes d’inaptitudes. Bref, est-ce que les élus et La Poste étaient vraiment préparés à cela ? Mais on avance… Des choses concrètes ont cependant été mises en place : les commissions CSSCT (Commission Santé Sécurité et Conditions de Travail), emploi, environnement, économique et la commission unique (pour les départements d’outre-mer) fonctionnent en s’attachant à apporter des améliorations, notamment en termes de conditions de travail et d’emploi. Concernant les ASC (Activités Sociales et Culturelles), des conventions entre les CSE d’Établissement et le CSE Central, ont été signées, conduisant, de fait, les premiers à déléguer la gestion de la plupart des ASC au second (parentalité, vacances, restauration, aides pécuniaires,etc.) et conservant, à sa main, la billetterie locale par exemple. Tout cela, bien sûr, dans l’intérêt des postières et des postiers. Le CSE Central, quant à lui, hormis ses prérogatives en termes d’ASC, exerce des attributions d’informations-consultations au sujet de la marche générale de l’entreprise (orientations stratégiques, situation économique, politique sociale,etc.). Il est habilité à recourir à un expert dans certains domaines et réunit ses commissions, toujours dans l’intérêt des postières et des postiers. 1 an déjà, 1 an seulement ! Les élus et mandatés FO Com n’ont pas chômé pendant ce temps pour essuyer les plâtres. Ces femmes et ces hommes sont les garants d’une proximité que nous avons voulue prégnante dans chaque territoire. Les interactions entre eux et les connexions avec la Fédération se sont mises en place rapidement via les outils numériques au travers également de réunions organisées quotidiennement ; grâce aux nombreux déplacements des délégués syndicaux centraux mais aussi aux formations prodiguées aux représentants de proximité. Bref, FO Com est en ordre de bataille depuis le lendemain de l’élection de 2024 et continuera à avancer, construire, proposer et réussir face à cette transformation majeure que La Poste est en train de vivre. Les «papys boomers» au banc des accusés ! Cela fait quelques années, et ça s’est amplifié depuis 2024, que les « papys boomers » sont devenus la cible privilégiée de nos gouvernants et autres influenceurs médiatiques ou économiques, tous adeptes du modèle libéral de l’économie de marché. Dans une période de crise où la dette publique bat des records, depuis l’arrivée du président Macron en 2017 (+ de 1 300 Mds €), les retraités sont devenus les boucs émissaires ! Un jour, c’est leur niveau de vie qu’ils décrient. Un autre jour, c’est le niveau injustifié de leur pension et leurs avantages fiscaux qui coûteraient cher aux pays. Accusés de percevoir plus qu’ils n’ont contribué, le gouvernement entend s’attaquer à la revalorisation des pensions : entre report, désindexation ou gel ! Fin 2024 et au début de 2025, dans le cadre des mesures d’austérité décidées pour réduire la dette (40 Mds d’économies), l’idée de désindexer les pensions ou d’imposer une année blanche a constitué une piste d’économie (entre 3 et 6 Mds € selon les prévisions). Dans l’immédiat, le gouvernement Barnier a décidé de reporter de 6 mois la date de revalorisation des pensions du 1er janvier au 1er juillet (gains estimés autour de 2 Mds €) ! La mobilisation syndicale et la censure mettront un terme pour 2025 à toute remise en cause du droit à revalorisation. Cependant, la volonté de rogner ce droit, inscrit dans le code de la sécurité sociale, demeure intacte ! Au nom de la soi-disante solidarité intergénérationnelle (en mode inversé), qu’ils détruisent chaque jour, ces derniers entendent accentuer une instrumentation des retraités visant à faire admettre que ces derniers sont les seuls responsables de la dérive budgétaire, du déficit, et qu’ils doivent payer. Parlons-en de ces retraités, de leur niveau de vie ! La dernière étude de l’Insee (2021) révèle que : « Le niveau de vie individuel moyen des personnes qui composent le ménage est, pour les retraités, de 2 188 € mensuels contre 2 218 € pour l’ensemble de la population et 2 428 € pour les actifs. ». Quant à leurs retraites « pléthoriques » : Depuis l’arrivée, en 2017, du président Macron, les retraités ont perdu l’équivalent de 2,5 à 3 mois de pension du fait de la non-indexation des retraites sur l’inflation et de l’augmentation de la CSG. Parmi les 17 000 000 de retraités : 18 % sont au RSA, 36 % perçoivent une retraite brute inférieure à 1 100 €, 55 % disposent d’une pension brute inférieure à 2 100 €, 68 % touchent une retraite brute inférieure à 2 400 €. Nous sommes bien loin de la surabondance évoquée dont profiteraient les retraités ! Accusés de profiter d’une « niche fiscale » injustifiée ! Au cours du second trimestre 2025, le gouvernement Bayrou et le patronat a assèné leur idéologie, visant à convaincre l’opinion publique que les responsables de la dette sont ces « nantis » de retraités. Pour sauver leur politique économique, il faut remettre en cause leurs droits (et au-delà le système de retraites par répartition). Le gel des pensions pour 2026 (année blanche) n’est pas leur seule obsession. Forts de leurs arguments spécieux, ils réclament aussi la suppression de l’abattement fiscal de 10 % dont profiteraient iniquement les retraités, la confondant sans vergogne avec la déduction fiscale de 10 % qui concerne les frais professionnels des actifs ! Contrairement aux affirmations de ces chantres d’une apologie mensongère, l’abattement fiscal de 10 % a été mis en place en 1978 et rétablissait une certaine équité car les retraités comme les actifs ne peuvent pas tricher sur leurs revenus, vu qu’ils sont déclarés par un tiers, contrairement aux adeptes de l’évasion ou de l’optimisation fiscale (autour de 80 Mds d’euros). GEPP 2025 : entre transformation forcée et injonction à la reconversion Orange est une entreprise en transformation constante, avec des changements qui s’enchaînent les uns après les autres… L’année 2025 a malgré tout son lot d’événements. Le 10 février 2025, a été signé à l’unanimité par les organisations syndicales représentatives l’accord portant sur la Gestion des Emplois et des Parcours Professionnels. Comme chacune des précédentes GEPP, plusieurs aspects y sont abordés, tels que le recrutement, la mobilité interne, la gestion des carrières, la formation et la gestion des compétences. Et grande surprise, un nouveau dispositif de Temps Partiel Seniors : Le développement des compétences La mobilité interne Enrichir son parcours au sein du groupe Enrichir son parcours en dehors du groupe La dernière partie de carrière Thèmes que les élus FO Com ont l’habitude d’aborder. Mais qu’en est-il vraiment ? Cette GEPP cache son lot de surprises. En effet, la réelle proposition de l’entreprise est soit de se former aux métiers émergents du groupe (cyber, data, IA, RSE…), et d’intégrer un processus de mobilité interne en quittant Orange SA pour occuper le même type de poste mais en filiale. Autre solution, plus radicale : trouver un poste dans une autre entreprise, ou bien entrer dans un programme de fin de carrière, vous permettant d’anticiper votre départ à la retraite. Ce qui revient à dire : soit vous acceptez une reconversion pour répondre aux besoins de l’entreprise, soit vous partez, et ce, de manière définitive. FO Com ne cesse d’interpeller la direction sur le climat délétère qui règne, tant sur la santé au travail, l’absence de reconnaissance, l’insécurité de la situation de travail, et les conflits de valeurs… en demandant que de réels plans d’action soient mis en place afin de réduire ces risques. La réponse de la direction : « Nous avons mis en place une GEPP permettant de répondre aux besoins de chacun. » Quand les métiers déclinent à Orange SA, mais progressent en filiales Comme évoqué dans l’article relatif à la GEPP, certains métiers ont été identifiés comme émergents afin de répondre aux besoins de l’entreprise ce qui de facto entraîne une décroissance. Ce facteur, annoncé dans la GEPP 2025 pose question. En effet, le fait d’identifier une liste conséquente de métiers en décroissance provoque une forte inquiétude chez les salariés, d’autant plus que ceux dits « en décroissance » chez Orange SA (maison mère), sont de manière surprenante en croissance au sein des filiales du groupe. Y a-t-il volonté implicite de pousser ses salariés hors de la maison mère ? Ce questionnement est renforcé par une communication autour de cette décroissance qui est restée relativement opaque. Comme dans beaucoup d’entreprises, la grande majorité des départs ne sont plus remplacés, et la charge de travail, elle, n’est pas revue à la baisse. Economie oblige ! De quoi alimenter une forte inquiétude chez certains salariés : Mon poste pourrait-il être supprimé dans la perspective de m’inciter à rejoindre une filiale ? Il a fallu du temps avant que le terme de « décroissance » soit enfin précisé. Non, les emplois en décroissance ne seront pas supprimés. Néanmoins, aucun départ ne sera remplacé. Ces mêmes métiers étant en croissance en filiale, chacun peut de ce fait demander à rentrer dans un processus de mobilité interne et/ou parcours professionnel pour intégrer une filiale qui recrute. FO Com demande pourquoi tenter de vider la maison mère de ses salariés ? FO Com demande de quelle manière va alors être absorbée la charge de travail qui est plus que conséquente sur beaucoup de métiers ? FO Com demande que le sens et la logique soient clairement explicités. […]
24 septembre 2025Faire entendre la voix des postiers et des télécommunicants Les élections au Conseil d’Administration d’Orange et de La Poste auront lieu en fin d’année, respectivement du 18 au 20 novembre et du 24 au 27 novembre prochain. La nécessité d’élire des administrateurs au CA n’est pas toujours évidente pour bon nombre de salariés et de fonctionnaires, le mandat n’étant pas un mandat de proximité. Aussi, il est bon de rappeler l’essentiel. Le CA définit la politique générale et les orientations de l’activité du Groupe. Les administrateurs FO Com font entendre et comprendre la réalité du terrain, permettant ainsi la prise en compte des intérêts des personnels dans les processus décisionnels stratégiques. Cette élection est d’autant plus importante que les décisions prises ont des conséquences directes sur la vie professionnelle quotidienne de chaque télécommunicant et de chaque postier. Bien évidemment, les élus FO Com s’appuient sur l’expertise et la technicité des militants de terrain et portent la voix de tous en toute indépendance. À l’heure où les Groupes définissent des stratégies complexes pour défendre leurs intérêts (le projet « REGAIN » pour Orange) ou doivent faire face à de colossaux défis à relever (le financement des missions de service public pour La Poste), FO Com a plus que jamais un rôle déterminant à jouer. Les analyses et revendications, mais aussi les votes des élus FO Com obligent, dans un contexte économico-politique compliqué, dirigeants et actionnaires à considérer les intérêts des personnels, à commencer par les questions de l’emploi et des rémunérations. À nous, adhérents et militants d’expliquer à nos collègues l’importance de cette échéance électorale pour les convaincre de se mobiliser en novembre et de voter et faire voter FO Com. Se faire entendre, c’est déjà se défendre. Nous voici repartis en campagne électorale ! GROUPE LA POSTE 245 000 AGENTS APPELÉS AUX URNES Une liste de 11 candidats est présentée par FO Com pour ces élections dont le scrutin, à un seul tour, est prévu entre le 24 et 27 novembre 2025. 11 candidats venant de tous horizons et représentant tous les métiers du Groupe, maison-mère et filiales. Lors de l’élection 2020, le taux de participation a atteint à peine 50.93 % (65.24% chez les cadres et 45.02 % chez les non-cadres). Pourtant, la présence de représentants du personnel au CA revêt une importance capitale. En effet, c’est lors de ces instances que sont traités les sujets qui engageront le Groupe dans ses orientations stratégiques pour les années à venir. Ces dernières auront un impact certain sur les personnels et ceux-ci doivent donc être représentés. Nos élus sauront apporter leur pierre à l’édifice et contribueront, par leurs interventions, leurs actions, à l’amélioration des conditions de travail, à la revalorisation significative des salaires, etc… L’ambition ne s’arrêtera pas au résultat de l’élection, mais devra se poursuivre durant toute la mandature. Pour FO Com, laisser les autres choisir à notre place, c’est prendre le risque de passer à côté de sujets pourtant capitaux pour l’avenir de tous. C’est encore plus vrai aujourd’hui, alors que le Groupe se cherche un nouveau PDG. Interview des 2 têtes de liste isabelle fleurence et walter stefanello Isabelle, peux-tu nous dresser un bilan de la mandature passée ? IF : Il y a quatre ans, en début de mandature, nous étions en pleine crise sanitaire et le Groupe a dû adapter sa stratégie. À cette époque, j’ai interpellé les autres membres du CA en notant que le plan stratégique proposé changerait fondamentalement le visage de La Poste et la manière de travailler des postiers. Je trouvais que son déploiement auprès du personnel manquait de visibilité et le contenu du pacte social apparaissait insuffisant pour susciter l’adhésion du personnel. Mon rôle s’est donc attaché, avec le soutien et l’expertise des camarades de la Fédération FO Com, à participer aux orientations stratégiques de l’entreprise tout en défendant les intérêts des personnels. Quel rôle allez-vous pouvoir tenir lors de la prochaine mandature au regard de la complexité de l’entreprise et du contexte économique ? WS : Entre 2021 et 2023, le Groupe a réalisé beaucoup d’investissements de croissance externe pour diversifier et ainsi faire face à l’attrition du courrier. GeoPost, opérateur mondial, représente aujourd’hui 40 % du chiffre d’affaires. Notre rôle est de défendre l’emploi des postiers historiques, mais aussi des salariés des filiales de La Poste, et leurs conditions de travail, quels que soient leur métier et leur statut. Nous devons considérer La Poste comme une « mosaïque », maison-mère et métiers historiques / filiales et innovations, tout en prenant en compte l’homogénéité des aspirations des postiers et des salariés : rémunération, conditions de travail, mutuelle… IF : Nous allons continuer à faire de la question du pouvoir d’achat la priorité. C’était déjà le cas lors de la mandature passée. Quand j’ai dénoncé l’échec des NAO aux conséquences parfois dramatiques pour certains postiers, j’ai permis une prise de conscience. Le combat continue. Pensez-vous avoir une réelle efficacité ? IF : Oui, car nous portons la voix des salariés du Groupe. Nos informations sont plus précieuses qu’il n’y paraît. Certaines décisions stratégiques sont prises en tenant compte de nos remarques. N’y a-t-il pas cependant contradiction entre syndicalistes et administrateurs ? WS : Non, bien au contraire. Toutes les revendications et actions FO, le travail de tous nos camarades, sont présentés et expliqués au plus haut de notre entreprise. Les actionnaires et les autres administrateurs sont souvent loin de la réalité et des postiers. C’est indispensable de rappeler la résilience et l’exemplarité du travail des personnels qui permettent, justement, des résultats financiers à la hauteur. IF : Et il faut souligner que nous gardons toute notre indépendance. Les stratégies présentées forgent nos revendications. Nos analyses, et nos contributions influencent les décisions. Quel vont être vos priorités en ce début de nouvelle mandature ? IF : La compensation des missions de service public, car les conséquences de l’absence de financement retombent directement sur chaque postier, mais aussi sur le Groupe. A ce jour, la sous-compensation s’élève à 1,3Md€, ce qui n’est pas viable sur le long terme pour La Poste. WS : Et les salaires bien sûr. C’est un vrai problème que cette disette salariale. C’est la priorité des priorités, c’est une question de justice sociale. ÉLECTIONS CA 2025 LA POSTE POURQUOI VOTER ? POUR QUI VOTER ? Sauvegarde des emplois, rémunérations, égalité homme-femme, conditions de travail, évolution professionnelle, social, service public, sont autant de sujets que nos administrateurs sauront porter au Conseil d’Administration, là où les orientations stratégiques, économiques et financières de l’entreprise se décident. Le CA ne doit pas être la chasse gardée des actionnaires. Les administrateurs FO Com seront les garde-fous de leurs choix. Ensemble, imposons notre vision d’une politique générale volontariste, ambitieuse et tournée vers la reconnaissance du travail des postiers et des salariés des filiales car chaque décision prise aura un impact sur leur quotidien mais aussi leur avenir. Au travers de cette instance, FO Com défend chaque agent du Groupe. ORANGE FO Com Présente et Mobilisée pour les Élections au Conseil d’Administration Orange Les élections au Conseil d’Administration d’Orange approchent. Un moment toujours stratégique dans la vie de l’entreprise. Ce scrutin permet aux salariés de désigner leurs représentants dans l’instance où se prennent les grandes décisions économiques, sociales et industrielles. Habituellement, FO Com y participe activement. Cette année, les règles du scrutin et les conditions imposées ne nous permettent malheureusement pas de présenter de liste sous notre bannière syndicale. Pour autant, nous avons fait le choix clair et assumé de rester présents dans cette bataille électorale. Parce que renoncer à défendre les intérêts des salariés n’est pas dans l’ADN de FO Com, nous avons choisi de soutenir une liste constituée de candidats parrainés par des électeurs et partageant pleinement nos valeurs et nos priorités syndicales. Cette liste bénéficie donc du soutien officiel de FO Com, et nous appelons toutes celles et ceux qui nous font confiance à lui accorder leur voix. Au-delà d’un simple soutien, cette démarche traduit notre volonté de continuer à peser sur les décisions de l’entreprise, même dans un contexte électoral contraint. Voter pour cette liste, c’est montrer que FO Com reste une force syndicale active, écoutée et respectée chez Orange. vos candidats une représentation fidèle des salariés d’orange FO Com vous présente les candidats qu’elle soutient officiellement dans le cadre des élections au Conseil d’Administration d’Orange. Cette liste parrainée et soutenue par FO Com se compose de : Ces collègues, engagés et représentatifs des réalités du terrain, auront pour mission de défendre vos intérêts au plus près des instances stratégiques de l’entreprise. Leurs engagements pour vous : des revendications concrètes et cohérentes : Préserver vos droits et vos statuts : non à la remise en cause des acquis sociaux, oui à des conditions de travail dignes. Soutenir l’emploi et réinternaliser les activités stratégiques : non à la sous-traitance massive, oui à des équipes internes stables compétentes. Investir dans l’avenir : l’argent d’Orange doit servir à innover, se moderniser et garantir sa souveraineté numérique, pas à gonfler les dividendes. Exiger une vraie politique environnementale : pour un Orange responsable, aligné avec l’ambition Net Zéro Carbone. Protéger l’entreprise des logiques court-termistes : non à une gouvernance dictée uniquement par la finance. Et pour vous, salariés, les priorités portées par ces candidats sont claires et concrètes. Ils s’engagent à défendre une meilleure reconnaissance des compétences, à travers des parcours professionnels valorisants et des politiques de rémunération plus justes. Ils plaident pour l’amélioration des conditions de travail et une véritable attractivité des métiers, afin de redonner du sens et de la stabilité dans un contexte parfois fragilisé. Conscients des évolutions en cours, ils souhaitent accompagner la transformation de l’entreprise sans casse sociale, en misant sur l’humain : recrutements, formation, reconversion, soutien aux équipes et à l’encadrement. Ils revendiquent aussi plus de transparence sur les décisions stratégiques : leurs objectifs, leurs conséquences, et leur impact réel sur les salariés. Enfin, ils affirment une volonté forte de défendre un modèle d’entreprise durable et responsable, à la hauteur des enjeux sociaux, environnementaux et humains de notre époque. C’est avec la force de vous représenter et le courage d’agir qu’ils porteront votre voix au sein du Conseil d’Administration. Les élections des représentants du personnel au Conseil d’Administration d’Orange SA se dérouleront exclusivement par voie électronique, selon un calendrier précis : Premier tour : du 18 au 20 novembre 2025 Second tour éventuel : du 26 au 28 novembre 2025 Les listes candidates seront affichées à partir du : 21 octobre 2025 (pour le premier tour) 24 novembre 2025 (pour un second tour éventuel) L’entreprise annoncera officiellement ces élections le 18 septembre 2025. Pour pouvoir voter, les personnels doivent : Être en activité, en congé, mis à disposition ou détachés. Avoir au moins 16 ans. Justifier d’une ancienneté minimale de 3 mois au sein de l’entreprise. FO Com : Toujours à vos côtés Cette campagne est pour FO Com bien plus qu’une simple élection. Elle marque notre détermination à ne jamais abandonner le terrain syndical, même lorsque le contexte est compliqué. Elle nous permettra aussi de prendre le pouls de notre électorat et de préparer sereinement les combats à venir. En votant pour cette liste parrainée et soutenue par FO Com, vous montrez que notre syndicat reste un acteur essentiel du dialogue social chez Orange. Dans les semaines à venir, vous enverrons tous les outils pour faire connaître nos candidats et mobiliser vos collègues : affiches, tracts, visuels de campagne… Nous comptons sur vous pour relayer et amplifier cette dynamique. Parce que FO Com ne lâche rien, faites entendre votre voix et participez activement à cette campagne électorale. Ensemble, restons unis et visibles ! […]
23 septembre 2025Selon le dernier rapport de l’INSEE paru en juillet 2025, près de 10 millions de Français vivaient (et vivent) sous le seuil de pauvreté en 2023, un chiffre jamais atteint depuis 1996. Les inégalités, elles, seraient en forte hausse. Quand pauvreté rime avec précarité, 650 000 pauvres de plus par rapport à 2022 ! En 2023, le taux de pauvreté atteint un niveau record s’établissant à 15,4 % (+ 1 % par rapport à 2022) de la population occupant un logement ordinaire en France métropolitaine (en excluant les sans-abris et les logements mobiles). Ainsi, 9,8 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté monétaire, fixé à 1 288 euros net par mois (soit 60 % du revenu médian). Les familles monoparentales, les enfants mais aussi les chômeurs sont particulièrement exposés. Après un recul en 2022, le taux de pauvreté des familles monoparentales est en forte hausse avec 2,9 points en 2023, entraînant mécaniquement une hausse de la pauvreté chez les enfants de moins de 18 ans (21,9 %, + 1,5 point). L’arrêt des aides exceptionnelles versées à une partie importante de ces familles (indemnité inflation, primes) et la revalorisation en deçà de l’inflation des allocations logement sont une des répercutions néfastes sur leurs conditions de vie. Le taux de pauvreté des chômeurs augmente de 0,8 points et atteint 36,1 % de cette population. La réforme de l’assurance chômage, entrée en vigueur en février 2023, réduisant la durée d’indemnisation de 25 % pour les nouveaux entrants a été un facteur contribuant à cette aggravation. La pauvreté touche aussi les travailleurs indépendants avec 19,2 % tous secteurs confondus (+ 0,9 %) et les personnes seules (20,3 %). La part de pauvreté des actifs de 18 ans et plus se situe autour de 10,4 % (9,7 % en 2022). Quant aux retraités, si la hausse du taux de pauvreté est inférieure aux autres populations, il n’en demeure pas moins que 11,1 % des retraités sont pauvres, soit près de 1,9 millions de personnes. Une très grande pauvreté dans les régions ultramarines ! Les départements et territoire d’outre-mer sont les plus durement touchés par la grande pauvreté. Selon les données de l’Insee de 2021 et le dernier rapport de l’Observatoire des inégalités de 2025, les taux de pauvreté sont colossaux : 77,3 % à Mayotte, 53 % en Guyane, 34,5 % en Guadeloupe, 36,1 % à La Réunion, 26,8 % en Martinique… La grande pauvreté est 5 à 15 fois plus fréquente dans ces départements qu’en France métropolitaine. Elle y est aussi beaucoup plus intense. Dans les 4 DOM historiques (Guadeloupe, Martinique, Guyane et La Réunion), les familles monoparentales, les personnes sans emploi ainsi que les retraités sont particulièrement touchés. Outre sa dimension monétaire, la caractéristique majeure de la grande pauvreté par rapport à des situations moins aiguës de pauvreté est la fréquence de privations, y compris pour des besoins fondamentaux comme la nourriture ou l’habillement. Une hausse des inégalités qui se poursuit. La moitié des personnes sous le seuil de pauvreté vit avec moins de 1 041 euros par mois. Un chiffre d’autant plus préoccupant qu’il coïncide avec une hausse des inégalités de niveaux de vie, comme le souligne le rapport. Selon l’étude, les 20 % les plus modestes perçoivent 8,5 % de la somme des niveaux de vie et les 20 % les plus aisés, 38,5 %, soit 4,5 fois plus. Même après redistribution, les inégalités persistent : les niveaux de vie des 30 % les plus modestes diminuent, tandis que les 10 % les plus aisés voient leur niveau de vie croître de 2,1 %. À noter également que dans ce contexte, les classes dites moyennes ne sont pas épargnées et bon nombre d’entre elles voient leur niveau de vie reculer. 12,7 % de la population serait en situation de privation matérielle et sociale en 2024. La privation matérielle et sociale, définie au niveau européen, approche la pauvreté de façon différente de la pauvreté monétaire. Elle s’attache à évaluer l’incapacité pour des personnes à couvrir des dépenses de la vie quotidienne. En 2024, 12,7 % de la population métropolitaine vivant dans un logement ordinaire est en situation de privation matérielle et sociale. Ces personnes ne peuvent pas, pour des raisons financières, couvrir les dépenses d’au moins cinq éléments de la vie courante sur une liste de treize (pouvoir chauffer son logement, acheter des vêtements neufs, se nourrir correctement, partir en vacances une semaine…). Capitalisme sous perfusion, citoyens sous pression. Pour Force Ouvrière, dans un contexte de crise économique et face à une dette publique qui a augmenté, le Premier ministre veut imposer un plan de restrictions budgétaires. Celui-ci prévoit une « année blanche » sur l’ensemble des prestations sociales, minima sociaux et pensions, le doublement des franchises médicales, le gel du barème de l’impôt sur le revenu et de la CSG, la suppression de jours fériés ainsi que la remise en cause de la 5e semaine de congés payés. L’objectif affiché est de réaliser 40 milliards d’euros d’économies dès 2026. Ce nouveau rapport officiel démontre, si besoin en était, que les inégalités et la fracture sociale entre les populations les plus vulnérables ou modestes et celles des plus aisés (les plus riches) ne cessent de s’accroître ! Or, et c’est un paradoxe, cette année encore, les entreprises ont reçu près de 200 milliards d’aides ou d’exonérations sans contrepartie ! Concernant celles du CAC 40, de 2017 à 2024, elles ont cumulé 858 milliards de résultats et reversé 549 Mds à leurs actionnaires. Dans le même temps, elles ont bénéficié de 498 Mds d’allégements et exonérations de cotisations sociales ! Nous sommes dans un capitalisme sous perfusion, financé par l’argent public ! Dans ce contexte, nous nous devons de combattre toute injustice sociale et rappeler à ceux qui nous gouvernent, le fondement de la création de notre Sécurité Sociale en 1945 : « Garantir à chacun, qu’en toutes circonstances, il disposera des moyens nécessaires pour assurer sa subsistance et celle de sa famille dans des conditions décentes. » Combattre la pauvreté C’est agir pour réduire les inégalités sociales et culturelles, c’est considérer la vie humaine comme une richesse bien plus importante que le capital, c’est permettre à chacun de s’émanciper dans la vie, d’avoir un travail qualifiant et un salaire lui permettant de vivre décemment, c’est combattre toute forme de souffrance. […]
7 juillet 2025Alors que le Groupe La Poste poursuit sa transformation à marche forcée, portée par une stratégie de diversification ambitieuse, les réalités vécues par les travailleurs des filiales méritent un éclairage approfondi. Car derrière les chiffres de croissance et les success stories de certaines filiales, se dessinent aussi des trajectoires contrastées en matière d’emploi, de statut et de conditions de travail. Un groupe aux multiples visages Avec près de 238 000 salariés en France, La Poste s’organise aujourd’hui autour de quatre grandes branches : Services-Courrier-Colis, cœur historique du Groupe, en déclin structurel avec la baisse du courrier. Elle comprend également Viaposte et Neolog, La Poste santé et autonomie, Médiaposte, La Poste nouveaux services, etc… Geopost, spécialiste du colis-express avec des marques comme DPD France, Chronopost, Pickup etc… La Banque Postale, qui s’est renforcée avec l’intégration de CNP Assurances, occupe désormais une place stratégique dans la bancassurance. Branche Numérique, en forte croissance avec Docaposte, Sefas, Serres, etc… Cette stratégie de déversification répond à la nécessité de compenser la chute du courrier traditionnel par de nouveaux relais de croissance. Elle reflète aussi une volonté de s’ancrer dans l’économie numérique, la logistique et les services de proximité. Des filiales en plein essor… mais à quel prix ? Certaines filiales comme Geopost ou Docaposte affichent une forte dynamique : acquisition de startups, développement à l’international, conquête de nouveaux marchés, acquisitions d’entreprises innovantes (comme Maincare, dans la santé digitale). Mais cette dynamique, souvent saluée dans les bilans annuels s’accompagne d’un modèle d’emploi profondément différent de celui du cœur historique du Groupe. Dans la logistique express, la sous-traitance est devenue la norme. Chez Chronopost ou DPD France, une partie des livraisons repose sur des travailleurs précaires, pour certains sous statut d’autoentrepreneur, parfois sans les protections sociales minimales. Néanmoins on note une dynamique d’internalisation des livraisons chez DPD France depuis trois ans. La pression sur les délais, les cadences et la rentabilité conduisent à une dégradation de la qualité de vie au travail, comme l’ont régulièrement dénoncé les représentants FO. « Les résultats exceptionnels de certaines filiales masquent la souffrance silencieuse de celles et ceux qui les rendent possibles », rappelle FO Com. Dans le numérique, les conditions de travail sont différentes, parfois plus avantageuses, mais l’enjeu est ailleurs : comment maintenir un dialogue social structuré, dans un univers managérial souvent calqué sur les startups, avec un faible taux de syndicalisation et une culture d’entreprise éloignée du modèle postal ? Une mosaïque de statuts et de conditions de travail Le Groupe La Poste est devenu une constellation d’entités où coexistent une grande diversité de statuts  : fonctionnaires, salariés de droit privé, intérimaires, sous-traitants, autoentrepreneurs. Cette hétérogénéité complique la gestion des ressources humaines, mais surtout elle crée des inégalités de traitement criantes. À Viapost, par exemple, les salariés de Viapost Maintenance, Viapost Transport Management ou Neolog partagent parfois les mêmes sites que les agents de la maison-mère, mais leurs contrats, leurs règles RH et leur reconnaissance diffèrent profondément. FO Com alerte régulièrement sur le risque de rupture du lien social dans un groupe historiquement fondé sur une mission de service public, et sur les dérives de cette organisation éclatée. « Le sentiment d’appartenance à une même maison s’efface à mesure que les conditions de travail divergent. Ce morcellement fragilise les collectifs et fait reculer la notion d’équité. » « Le sentiment d’appartenance à une même maison s’efface à mesure que les conditions de travail divergent. Ce morcellement fragilise les collectifs et fait reculer la notion d’équité. » Quel modèle social pour un groupe avec des missions de service public devenu multi-entreprises ? Le défi est immense : comment préserver une cohérence sociale dans un Groupe devenu « multi-facettes » traversé par des logiques parfois antagonistes ? FO Com appelle à bâtir un socle commun de garanties pour tous les salariés du Groupe, quels que soient leur statut ou leur entité. Cela implique : La limitation du recours à la sous-traitance pour les missions pérennes. La reconnaissance de l’ancienneté et des compétences acquises, y compris en mobilité inter-filiale. Le renforcement du dialogue social, y compris dans les filiales jeunes ou délocalisées. La convergence progressive des droits, pour garantir l’égalité et la dignité de tous les travailleurs du groupe. Le développement des filiales ne doit pas se faire au détriment des droits des salariés. FO Com poursuit son engagement pour défendre une vision du travail fondée sur la solidarité, la justice sociale et le respect de chacun. Face à un Groupe devenu multi-entreprises, c’est l’unité des salariés et la force de l’action syndicale qui feront la différence. Les avancées syndicales obtenues des victoires à valoriser Face à ces défis, l’action syndicale reste essentielle pour faire avancer les droits. FO Com, présente dans toutes les Branches et filiales, y mène. des combats concrets. Ces victoires ne sont pas le fruit du hasard. Elles traduisent une stratégie syndicale pragmatique, fondée sur la proximité, l’expertise et l’engagement constant. FO Com à DPD des avancées concrètes pour les salariés Chez DPD, FO Com poursuit son engagement aux côtés des salariés et obtient des résultats tangibles. Ces dernières années, les négociations annuelles obligatoires (NAO) ont permis d’importantes avancées salariales : des hausses de salaires en 2022 et 2023, une revalorisation de la grille, et une nouvelle augmentation de 2,5 % en 2024. FO a également obtenu l’élargissement de la Prime Qualité aux salariés ayant moins de quatre ans d’ancienneté, une prime de fin d’année portée à 1 300 €, ainsi que le versement des primes COVID et d’une prime exceptionnelle de 850 € à l’été 2021. Les changements de planning à moins de 7 jours donnent lieu à une indemnité de 24 €, les tickets-restaurant sont désormais accessibles à tous les salariés qui peuvent y prétendre, les paniers repas sont valorisés à 19 €, et la mutuelle est prise en charge à 70 % par l’employeur. En matière d’intéressement et de participation, l’action syndicale a permis une nette progression du budget global, qui atteint aujourd’hui 6,5 millions d’euros. Une participation minimale est par ailleurs garantie à hauteur de 200 000 €, ce qui sécurise une redistribution équitable. FO Com, c’est aussi une présence quotidienne, au plus près des équipes. Tous les salariés qui ont sollicité notre aide ont reçu un accompagnement. Par ailleurs, la gestion rigoureuse du CSE et de la CSSCT permet d’obtenir des améliorations concrètes des conditions de travail. Sur le front de l’égalité professionnelle, FO Com a signé un accord garantissant le maintien du salaire pendant les congés maternité et paternité, ainsi que le cumul à 100 % de l’ancienneté pendant les congés parentaux d’éducation. Ces mesures apportent une réelle sécurité aux salariés concernés. FO Com a, en revanche, fait le choix de ne pas signer l’accord Qualité de Vie et des Conditions de Travail, car deux revendications majeures sont restées sans réponse  : l’instauration du télétravail pour les services clients et les fonctions administratives en agence, ainsi que la réduction du poids des colis. En effet, ceux-ci dépassent de plus en plus souvent les 30 kilos, notamment avec la livraison croissante de meubles, sacs de croquettes, pneus et autres produits lourds, au détriment de la santé des salariés. De plus, les quelques avancées de cet accord sont conditionnées au bon vouloir des responsables d’agence, ce qui en compromet sérieusement l’application sur le terrain. Nous ne comprenons pas les motivations qui ont poussé CGT et CFDT à signer cet accord qui n’apporte finalement rien de concret aux salariés. FO Com reste mobilisée pour défendre les droits des salariés de DPD et obtenir des améliorations concrètes, durables et équitables pour toutes et tous.     Neolog Viaposte Industrie négocier pour améliorer les conditions de travail À Neolog Viaposte Industrie, plusieurs négociations majeures sont en cours, dans le but pour FO Com d’améliorer concrètement les conditions d’emploi et de travail des salariés. Accord sur l’Intéressement : trois critères ont été retenus pour déterminer le calcul de la prime d’intéressement : la productivité par site, la qualité de service et le taux d’accidentologie. Ces indicateurs serviraient de base pour l’évaluation collective de la performance. FO reste vigilante afin que l’intéressement réponde à son objectif premier : reconnaître l’engagement des salariés, sans pression supplémentaire déguisée. Accord sur la Pénibilité : plusieurs critères ont été identifiés à ce stade des échanges : le travail de nuit, les cadences imposées, le travail répétitif, la polyvalence et l’alternance de postes (notamment pour limiter la manutention manuelle de charges). FO Com reste attentive à ce que la pénibilité soit correctement évaluée et prise en compte et qu’il y ait une réelle prévention de l’usure professionnelle. Accord QVCT (Qualité de Vie et des Conditions de Travail) : Les axes abordés dans le cadre de ces négociations sont majeurs : l’organisation du travail, le dialogue social, la reconnaissance des compétences et des parcours, l’articulation entre vie professionnelle et vie personnelle, l’accès à l’information et à la négociation interne, et la lutte contre les inégalités. Ces points font l’objet d’échanges pour identifier des leviers concrets d’amélioration. FO porte une attention particulière à la faisabilité des mesures envisagées et à leur impact sur le quotidien des salariés.   Accord Séniors : Un projet d’accord visant à accompagner les salariés en fin de carrière est en discussion. Parmi les mesures proposées : la mise en place d’un entretien professionnel dès 55 ans, la possibilité d’aménagement de poste, les mécanismes de transmission des savoirs (mentorat, tutorat, binômes), les formations pour l’adaptation aux évolutions technologiques, l’attribution de jours de congés supplémentaires et le recours à la retraite progressive. Parce que chaque fin de carrière mérite d’être accompagnée avec dignité, FO s’investit pour des améliorations tant attendues par les salariés. Les discussions se poursuivent. FO rappelle qu’aucun accord ne sera signé sans garanties solides sur les conditions d’application, la transparence des dispositifs, et le respect des droits des salariés. Les représentants FO Com restent mobilisés pour défendre des engagements applicables et justes. FO Com Chronopost 2025, une année clé Chez Chronopost, FO Com reste plus que jamais le syndicat de référence, porteur d’une histoire forte et d’un engagement constant. Depuis la mise en place des premières instances représentatives du personnel, le Secrétaire du CE, puis du CSE, est issu de nos rangs, un plébiscite unanime qui traduit la confiance des salariés dans notre action, notre rigueur et notre capacité à faire entendre leur voix. Une représentativité solide et ancrée sur le terrain Aujourd’hui, FO Com est présente dans l’ensemble des catégories socio-professionnelles (CSP), et occupe une place centrale dans le dialogue social au sein de l’entreprise. Avec 84 représentants de proximité répartis sur 34 sites, notre ancrage est concret, quotidien, et au plus proche des réalités vécues par les salariés. Cette proximité est l’un de nos atouts majeurs : elle nous permet de relayer efficacement les revendications et de faire remonter les problématiques. GEPP : faire durer les négociations, faire avancer les droits Dernièrement, FO Com s’est fortement mobilisée pour prolonger les discussions autour de la GEPP (Gestion des Emplois et des Parcours Professionnels). Notre persévérance a permis d’obtenir des avancées, notamment pour les salariés en fin de carrière. Des mesures spécifiques ont été actées pour mieux accompagner cette étape clé. NAO 2025 : des résultats concrets pour le pouvoir d’achat L’année 2025 marque un véritable tournant en matière de négociation salariale. Après plusieurs années d’inflation mal compensée, FO Com a obtenu des résultats à la hauteur des enjeux économiques et sociaux : de véritables augmentations salariales, une revalorisation des primes, et une meilleure prise en compte de l’ancienneté. Ces acquis sont le fruit d’un travail préparatoire rigoureux, porté par une équipe soudée, à l’écoute des salariés et ancrée dans le réel. L’accord signé par FO Com vise avant tout l’amélioration du pouvoir d’achat et la reconnaissance de l’engagement professionnel de chacun. Des combats à venir, une mobilisation constante FO Com est déjà pleinement engagée dans les prochains chantiers que sont l’égalité professionnelle, la QVCT (Qualité de Vie et Conditions de Travail) et la politique Handicap. Là encore, nous porterons des revendications fortes, avec la volonté claire d’obtenir des engagements forts de la part de l’entreprise. L’efficacité de notre action se mesure aussi à la confiance que vous nous accordez : les adhésions à FO Com Chronopost ont progressé d’environ 30 %. Ce chiffre traduit non seulement la reconnaissance du travail de terrain, mais aussi la force collective qui se construit jour après jour autour de nos valeurs. Cette dynamique est le fruit de l’engagement de toutes et tous : du Secrétaire, de la Trésorière, des élus, et de chaque représentant FO mobilisés au service de tous. FO Com, c’est une force de proposition, une force de mobilisation, et une force d’action au service de tous les salariés de Chronopost. FO Com, un partenaire social de premier plan chez BPO IS   Depuis le 1er janvier 2024, après avoir fait partie du Groupe Docaposte, BPO IS a rejoint le pôle BSCC du Groupe La Poste. Avec plus de 1 150 collaborateurs dont la majorité est essaimée sur environ 430 sites en France Métropolitaine et en Outre-Mer, la cohésion sociale et la communication avec les salariés représentent un défi majeur pour les organisations syndicales. FO Com BPO IS, 1ère organisation syndicale représentative aux dernières élections du CSE (28,91 %), attachée à la transparence de l’information, s’emploie depuis des années, avec un succès certain, à défendre les intérêts des salariés, via notamment des réunions bilatérales mensuelles avec la direction. FO Com BPO IS, après avoir été souvent vilipendée par nos adversaires syndicaux avec des arguments fallacieux, fantaisistes, voire d’un autre âge, est une organisation syndicale qu’on écoute. La cohésion et l’esprit soudé qui animent notre équipe font de nous un partenaire social de 1er plan. Ce respect, nous l’avons acquis par la qualité et la pertinence reconnue de nos interventions, par un suivi permanent de nos demandes. Quand on s’empare d’un sujet, on va jusqu’au bout, par le plein exercice du droit d’alerte, par le résultat de nos actions. FO Com BPO IS revendique fièrement son attachement à son indépendance, à sa volonté de transparence, et son engagement auprès de tous. FO Com chez SERES, filiale du groupe Docaposte 2023-2024 : Défendre les droits, préserver les acquis L’année écoulée a été marquée chez SERES par des bouleversements majeurs, au premier rang desquels figure le changement de convention collective. Face à ce changement d’ampleur, FO Com s’est mobilisée pour garantir aux salariés une transition équitable. Un accord a été signé pour que les personnes déjà en poste ne perdent pas les avantages acquis au fil des années. Parmi les points notables obtenus par notre organisation : le maintien de la prime d’ancienneté pour les ETAM (employé et agent de maitrise), des améliorations sensibles des indemnités de congés maternité et paternité, la suppression du délai de carence en cas d’arrêt maladie, ainsi que la généralisation de la prime de vacances à l’ensemble des salariés, y compris les non-cadres. Un dialogue social mis à l’épreuve Côté négociations annuelles obligatoires (NAO) pour 2023 et 2024, FO Com avait formulé des propositions mesurées, en cohérence avec la santé financière de SERES et du Groupe. Ces revendications, portées dans un esprit de reconnaissance du travail fourni, auraient permis de mieux faire face à l’inflation persistante. Pourtant, ni la direction de SERES ni celle du Groupe n’ont souhaité les entendre. Une fin de non-recevoir d’autant plus regrettable qu’elle s’inscrit en décalage avec les besoins réels des salariés. En revanche, des progrès notables ont été obtenus sur le terrain du télétravail. FO Com a négocié un élargissement des droits pour les salariés de plus de 55 ans, qui peuvent désormais bénéficier d’un troisième jour de télétravail par semaine. De plus, le télétravail n’est plus restreint géographiquement : chacun peut désormais exercer à distance depuis le lieu de son choix, offrant ainsi une souplesse dans l’organisation personnelle et professionnelle. Préserver les accords existants FO Com reste également vigilante quant au maintien des accords d’entreprise historiques. Il s’agit, entre autres, du dispositif de RTT (loi Aubry 2) permettant aux salariés de bénéficier de 22 jours de repos supplémentaires, du régime d’astreintes avec une rémunération adéquate, et bien entendu des modalités actuelles du télétravail. Ces acquis constituent des garanties concrètes pour les salariés, et notre organisation syndicale n’entend pas les voir remis en question. Les discussions avec la direction se poursuivent. FO Com rappelle avec force qu’aucun accord ne sera signé sans garanties précises et favorables aux salariés. Dans un environnement en mutation rapide, notre priorité demeure inchangée : défendre les droits, garantir la transparence, et construire des avancées durables. […]
INTERNATIONAL
7 juillet 2026Les relations et les solidarités internationales ont toujours été liées au mouvement ouvrier. Fondée en 1945, la Fédération Syndicale Mondiale (FSM) ne survivra pas à l’emprise communiste, ce qui amènera les syndicalistes refusant le stalinisme à fonder la Confédération Internationale des Syndicats Libres. La CISL, qui n’aura de cesse de défendre les travailleurs et leurs droits, deviendra la Confédération Syndicale Internationale (CSI) en novembre 2006 rejoignant la Confédération Européenne des Syndicats fondée en 1973. La CES compte aujourd’hui 45 millions de membres. Léon JOUHAUX, président-fondateur de Force Ouvrière jouera un rôle majeur au sein de l’international. En 1919, il participe à la fondation de l’Organisation Internationale du Travail (OIT) et devient vice-président du Bureau International du Travail (BIT) après la seconde guerre mondiale. Prix Nobel de la paix en 1951, il œuvrera toute sa vie au sein du dialogue social international pour la paix, condition essentielle pour plus de justice sociale. Ainsi, la vieille CGT devenue la CGT-Force Ouvrière en 1948 s’est toujours inscrite dans les luttes syndicales internationales pour la défense des travailleurs mais aussi pour préserver la liberté syndicale. Globalement, FO agit pour le respect des conventions internationales, la lutte contre les violations des droits syndicaux et la protection des syndicalistes dans les pays à risque ainsi que pour la défense de l’indépendance syndicale ce qui fait dire à Léon Jouhaux : « Notre indépendance n’est pas une posture, c’est une condition d’efficacité. » Avec d’autres secteurs confédéraux, notre Fédération joue un rôle essentiel dans le mouvement syndical international en étant membre de la CISL et en participant activement à la CES. Ainsi nous agissons pour les personnels des postes, télécommunications, médias et secteur numérique, en suivant notamment les politiques de grands groupes internationaux et les conditions de travail dans les multinationales. En 2000, FO Com est l’une des organisations syndicales qui fonde UNI Global Union. Aujourd’hui, UNI c’est plus de vingt millions de travailleurs dans plus de 150 pays. Nous sommes ainsi engagés dans le secteur Poste et Logistique, ICTS (incluant les télécoms) mais également dans les secteurs femmes, jeunes et cadres où notre Fédération siège dans les comités directeurs européens et mondiaux. C’est ainsi un moyen de mettre en avant le syndicalisme à la française dont beaucoup de pays voudraient se prévaloir. Au travers de la CES, FO Com a porté les dossiers de la défense du principe « à travail égal, salaire égal » ainsi que la négociation sur le télétravail et le droit à la déconnexion, initiée en 2022 et qui s’est arrêtée en 2023 suite à la renonciation des employeurs. FO Com s’engage également dans les Accords-Cadres Internationaux (ACI) comme l’accord Geopost de 2017 avec un avenant en 2024 visant à réduire la sous-traitance et mettre en avant le devoir de vigilance, des droits syndicaux, de meilleures conditions de travail et de rémunération, c’est également le dialogue social dans les multinationales (par exemple l’accord Santé à Orange) ou la création de l’alliance syndicale mondiale de Geopost ou celle de l’alliance syndicale mondiale des travailleurs d’Amazon. Dans le secteur UNI Femmes, c’est le combat contre les discriminations et les violences à l’encontre des femmes, aboutissant entre autres à la recommandation et la convention 190, ratifiée tardivement par la France et malheureusement à droit constant. Chez UNI cadres, c’est une reconnaissance d’un travail fondateur sur le droit à la déconnexion, des contributions sur le télétravail et aujourd’hui un travail de fond sur l’arrivée de l’Intelligence Artificielle, des algorithmes dans le monde du travail (articles, témoignages européens, études, livrets à l’attention des syndicats et des salariés). 2025 voit naître un nouveau projet de directive européenne postale. Face à la baisse du courrier, la montée en puissance du e-colis, le désengagement de l’Etat sur les compensations des missions de service public, la posture passive des opérateurs historiques, la flexibilité de plus en plus forte dans les organisations de travail, la concurrence déloyale et l’arrivée de pseudo opérateurs et entreprises chinoises, il faut, en 2026, mener une véritable campagne pour défendre les activités postales, ses missions et les emplois postaux. FO Com est aujourd’hui présente et active au niveau européen et international par ses échanges réguliers avec la Confédération, ses contributions, auditions parlementaires ou sénatoriales et « call for evidence » auprès de la Commission Européenne sur des sujets tels que : la solidarité avec les syndicats dans les pays en difficulté, la défense des libertés syndicales, et l’aide lors de conflits sociaux à l’étranger. la participation aux travaux de la CES, de la CSI, et aux interventions auprès de l’Organisation internationale du travail. la veille sur les restructurations internationales des multinationales, le suivi des conditions de travail dans les secteurs du numérique et des télécoms ainsi que la coordination entre syndicats de différents pays. la mobilisation lors des journées internationales, la lutte contre le dumping social, et la défense des services publics (poste, télécoms, énergie). la formation de militants à l’échelle mondiale, les échanges d’expériences, et le développement de réseaux professionnels. la lutte contre le travail forcé, le travail des enfants, la promotion de normes sociales internationales et la défense de la négociation collective. En résumé, FO Com, avec la confédération Force Ouvrière, incarne une histoire de combat pour l’émancipation, l’indépendance et la justice sociale, qui s’inscrit aujourd’hui dans une dimension internationale. Face aux défis du XXIe siècle, elle continue de porter haut la bannière de la solidarité, des droits des travailleurs, et de la régulation des grands enjeux mondiaux. Force ouvrière donne naissance à l’OIT À la sortie de la première guerre mondiale, en 1918, Léon Jouhaux présente un projet de Conseil national économique chargé d’examiner tous les problèmes posés par le retour à la paix, pour « poursuivre une vision basée sur le principe qu’il ne saurait y avoir une paix universelle et durable sans un traitement décent des travailleurs ». En 1919, il prend une stature internationale et prend part à la mise en place de l’Organisation Internationale du Travail (OIT) et au Bureau International du Travail (BIT) à la tête duquel est nommé son ami Albert Thomas. Le Bureau international du travail est le secrétariat permanent de l’OIT. La mission de l’OIT est de rassembler gouvernements, employeurs et travailleurs de ses États membres dans le cadre d’une institution tripartite, en vue d’une action commune pour promouvoir les droits au travail, encourager la création d’emplois décents, développer la protection sociale et renforcer le dialogue social dans le domaine du travail. Force Ouvrière à l’International Trois questions à Branislav Rugani Secrétaire confédéral au Secteur International Europe – Relations internationales (CSI, CES, TUAC et relations bilatérales, CESE européen) – Institutions internationales (dont OIT et COP) – Comité d’entreprise européen (CEE) – Politique confédérale pour les jeunes – FO Jeunes Branislav, tu viens de dérouler un premier mandat au secteur international de la Confédération. Comment as-tu vécu ce premier mandat ? Quelles ont été tes priorités ? Les dossiers ont eu la fâcheuse tendance à se multiplier ces quatre dernières années. Le congrès de la CSI et les événements qui ont suivi ont été énergivores dès le départ. Le congrès de la CES, quant à lui, nous a permis de nous positionner clairement sur bon nombre de sujets européens qui nous ont ensuite conduits à devoir nous impliquer plus fortement et à faire entendre les positions de Force Ouvrière. Comme temps forts, il y a eu la préparation de la journée consacrée au devoir de vigilance précédée de la parution d’un livret que nous avons porté au niveau européen pour peser sur la directive que nous continuons à défendre. La journée de la Francophonie syndicale, couplée au sommet mondial organisé par la France, nous a permis de porter notre voix syndicale auprès d’acteurs internationaux. Enfin, un autre moment fort fut la réalisation de la journée sur l’IA sous le label du sommet mondial. Il faut également évoquer les négociations comme le télétravail et le droit à la déconnexion, les transpositions de directives mais aussi les aides apportées aux camarades qui sont emprisonnés, expatriés et pris dans des guerres qu’ils subissent. Demain s’ouvre un deuxième mandat : quelle suite aux dossiers européens ? La question des marchés publics, les emplois de qualité, la directive sur les CEE, l’IA, la question de la souveraineté, l’impact omnibus sur le devoir de vigilance ? Les sujets que tu évoques sont déjà sur la table et nous avons déjà mis en place des leviers pour actionner certains gardes-fous. Le seul sujet social de l’année au niveau européen est bien évidement celui des emplois de qualité. Pour ce faire, nous menons depuis 2025 une campagne avec la CES pour obtenir des garanties sociales, mais nous engageons également des discussions aux plus hauts niveaux de décisions européennes en notre propre nom pour les travailleurs de notre pays. Le « made in EU » est l’un des sujets très liés aux emplois de qualité. En effet, comment concevoir une réindustrialisation sans emplois de qualité socialement juste ? À cela s’ajoutent la sortie d’un livret sur les comités d’entreprises européens suivi d’une journée nationale, la présentation par un livret des fonds sociaux européens et la façon dont nous pouvons nous en saisir ainsi que la continuation de notre engagement à mieux cerner les enjeux de l’IA. Au-delà de cela, nous devons également réussir notre retour au conseil d’administration de l’OIT et faire face à la crise qui traverse cet outil Onusien et aux attaques que subit le multilatéralisme international. Cela implique plus de présence aux côtés de la CSI, de l’ACTRAV et un engagement plus intense dans les travaux de l’OIT avec notamment la Conférence Internationale du Travail. Pour conclure, je dirais que tout ce qui peut de près ou de loin aider à l’émancipation des travailleurs, au maintien et à l’amélioration des législations nous préoccupe et nous devons porter les lettres de FO au plus haut pour faire savoir quels sont nos engagements et quelles sont nos réussites. Chaque année, tu organises une rencontre des Fédérations. Qu’attends-tu des Fédérations ? Les rencontres avec les Fédérations nous permettent d’échanger autour des sujets européens et internationaux de façon régulière. Chacun y apporte sa voix pour trouver une position qui soit identique au sein de nos instances respectives. Bien au-delà de cela, c’est également préparer et anticiper les positions de demain en fonction des actualités et de notre mandat. FO Com à l’International AFOIT : association française pour l’OIT ICOSI : Institut de Coopération Sociale Internationale DAEI : Direction des Affaires Européennes et Internationales TUAC : Commission Syndicale Consultative auprès de l’OCDE OCDE : Organisation de Coopération et de Développement Economique Pourquoi FO Com s’investit dans les dossiers européens ? Attachée à une Europe dès 1957, FO au sein de la Confédération Européenne des Syndicats est partie prenante sur nombre de dossiers impactant les salariés comme les entreprises. À son niveau, FO Com est engagée avec la Confédération Force Ouvrière et UNI Global Union sur des dossiers comme celui de la souveraineté nationale, de l’IA générative, des salaires minima, de la révision de la directive postale. La nécessité du dialogue social dans les télécommunications Depuis 2023, UNI Europa ICTS s’est investi dans le projet européen AST (Accelerating Sustainability in Telecom) qui a pour objectif de contribuer à « la promotion du dialogue social dans le secteur des télécommunications, construire et renforcer la capacité des partenaires sociaux nationaux à soutenir la reprise après la crise de Covid et atteindre le double objectif de la Commission européenne en matière de transition. » En une phrase, il faut comprendre le potentiel des nouvelles technologies pour permettre la double transition dans les télécommunications, leur impact sur les besoins en compétences et le marché du travail dans le secteur et le rôle que les syndicats doivent jouer dans cette transition. Après plusieurs réunions et conférences réunissant les parties prenantes et les syndicats européens, il ressort que les technologies étudiées révèlent l’importance cruciale de la double transition pour le secteur des télécommunications. Leur impact potentiel est profond, notamment en termes de durabilité sociale et environnementale, mais leur déploiement doit être soigneusement géré pour éviter toute dégradation. Les opérateurs de télécommunications jouent un rôle clé car leur impact ne se limite pas à leurs activités : ils peuvent favoriser des applications durables dans d’autres secteurs via l’IA, le big data ou l’IoT. Ces technologies, à large champ d’application, modifient aussi la demande en compétences, avec une automatisation accrue et une croissance des emplois à distance. Le rôle des syndicats est essentiel pour garantir une transition coordonnée, en impliquant dès le départ les travailleurs pour gérer l’évolution des compétences et préserver la qualité des emplois. La gestion du dialogue social doit prendre en compte les enjeux liés à la vie privée et à la structure du travail, afin que la double transition soit socialement durable et bénéfique pour tous. À la lumière des défis soulevés, voici quelques recommandations préliminaires : le dialogue social doit évoluer pour préserver ses structures à l’ère numérique, notamment face à la dispersion des équipes et au télétravail en partageant davantage de connaissances techniques sur les nouvelles technologies et en privilégiant une implication précoce et continue. Chaque technologie a des effets distincts sur la durabilité sociale et environnementale. Il est recommandé par exemple la création de groupes de travail sur l’IA équitable. La double transition offre une occasion de faire évoluer l’offre des opérateurs télécoms, tant en termes de produits que de compétences requises. Le dialogue social doit accompagner cette transformation, en intégrant la réflexion sur la reconversion des rôles, l’évolution des compétences et la conception de nouveaux services. Les syndicats disposent d’une expertise précieuse sur des questions déjà abordées, telles que la protection des données ou les conditions de travail. Leur contribution peut orienter l’élaboration de normes adaptées dans le contexte de l’IA et du big data. La législation nationale et européenne influence fortement le processus de dialogue social. Les entreprises doivent s’adapter aux réglementations en vigueur, tandis que les syndicats peuvent militer pour des cadres juridiques plus protecteurs, renforçant ainsi le pouvoir des travailleurs à l’ère numérique. Après deux ans de travaux, les participants ont finalisé une déclaration commune des partenaires sociaux visant à « poursuivre l’adoption responsable des technologies de rupture, en veillant à ce que le secteur des télécommunications reste un catalyseur de la durabilité, de l’équité numérique et de la résilience économique. » Parallèlement, Annick Starren, de l’Agence européenne pour la sécurité et la santé au travail (EU-OSHA), a rappelé l’impact de la transition numérique sur la santé et la sécurité des travailleurs : « Le changement viendra, mais c’est le rythme du changement qui détermine les résultats en matière de santé. Et il arrive plus vite que nous ne l’avions prévu. Nous menons donc une campagne de sensibilisation aux risques – qu’ils soient psychosociaux ou physiques – et encourageons l’évaluation des risques. » La Poste face à un tournant historique La conférence mondiale Poste et Logistique de mai 2026 a souligné la crise profonde que traverse le secteur postal mondial, avec une baisse de 5 % par an des volumes de lettres, remplacés en partie par la croissance des colis due au commerce électronique. Face à cette réalité, la nécessité de préserver le service universel, garantissant un accès de qualité à tous, notamment dans les zones rurales, est plus cruciale que jamais. Comme l’a rappelé Dimitris Theodorakis, Directeur Poste et Logistics de UNI Europa, 2026 est une année critique pour l’Union européenne, où la suppression de l’obligation de service universel (OSU) dans certains pays, comme le Danemark, a entraîné la disparition immédiate de milliers d’emplois et une dégradation des services. Les intervenants ont insisté sur le rôle central de la régulation et du financement public pour maintenir ces missions. Stephen Dematteo au nom de l’APWU et de son syndicat américain partenaire, le NALC, a souligné que le secteur postal doit continuer à être un vecteur de démocratie, notamment à travers le vote par courrier, qui reste une pierre angulaire. En Inde, Sivaji Vasireddy a présenté comment la Poste, avec ses 165 000 bureaux de poste, joue un rôle stratégique dans l’inclusion sociale et financière, notamment dans les zones rurales, en proposant des services bancaires et logistiques, tout en modernisant ses outils pour faire face à la concurrence. Joseph Yao Hotor, Secrétaire Général du CWU Ghana, a expliqué comment GhanaPost a tiré parti de sa couverture géographique et de la confiance que lui accorde le public pour proposer des services financiers, notamment par le biais de partenariats avec des sociétés de transfert d’argent au service des communautés, en particulier dans les zones reculées et difficiles d’accès. Alex Sirieys, responsable du secteur international pour FO Com a souligné que la responsabilité des États est primordiale pour assurer un financement adéquat des missions de service public. La responsabilité des missions de service public doit être reconnue, et celle des États doit être exercée pour garantir la souveraineté nationale face à une concurrence déloyale, notamment des plateformes chinoises ou américaines comme Amazon, qui détiennent aujourd’hui jusqu’à 15 % de parts de marché en France. L’objectif recherché est de renforcer le service universel, d’éviter une dérégulation excessive, et de garantir des conditions équitables pour tous (préserver la cohésion territoriale et éviter la déconnexion sociale). Un enjeu majeur pour l’avenir est aussi celui du dernier kilomètre, qui représente souvent le plus grand défi logistique. La croissance exponentielle du marché des colis, avec une augmentation de 300 % entre 2011 et 2021, met à rude épreuve la capacité des opérateurs à assurer une livraison rapide et efficace, tout en maîtrisant les coûts. La livraison du dernier kilomètre, souvent effectuée par des sous-traitants ou des services indépendants, doit devenir une priorité pour garantir la qualité du service, la sécurité des emplois, et la satisfaction des clients. La lutte contre la fragmentation, la montée en puissance des nouveaux entrants, et la nécessité de réguler le secteur sont autant de défis à relever pour assurer une livraison accessible, durable, et socialement responsable. Pour défendre ces missions essentielles, la diversification apparaît comme une stratégie clé. La Poste en Europe, avec ses 1,8 million d’emplois, doit continuer à évoluer en proposant des services sociaux, de proximité, de santé, ou encore liés à l’environnement. Margaux Meidinger de Posteurop (opérateurs postaux) a illustré comment de nouveaux profils, comme les agents de proximité ou les formateurs en bien-être, peuvent renforcer la cohésion sociale et créer des emplois de qualité. Face à ces défis, les syndicats soutiennent l’option 3 proposée par la Commission européenne, seule option qui permettrait d’intégrer pleinement les colis dans le cadre du service universel et d’imposer des normes sociales et environnementales contraignantes à tous les opérateurs de livraison. Les syndicats appellent également à une régulation européenne forte, à un financement durable, et à une modernisation respectueuse des missions sociales. La diversification, à travers des services innovants, est la clé pour défendre l’avenir des 1,8 million d’emplois en Europe. La préservation du service universel n’est pas seulement une exigence économique, c’est une nécessité sociale pour garantir la cohésion, l’inclusion, et la stabilité dans un secteur en pleine mutation. SAUVONS NOTRE POSTE Le 16 avril 2026 à Bruxelles, les organisations syndicales européennes et françaises CFDT-CGT-FO, les associations de consommateurs, des parlementaires européens, ont lancé une campagne pour défendre notre avenir et appeler la Commission européenne à une réforme ambitieuse pour garantir une distribution abordable des lettres et des colis et faire contribuer équitablement les opérateurs privés à l’infrastructure postale publique. FO appelle à se mobiliser et à signer massivement la pétition ici […]
21 juin 2026Les fondateurs de Force Ouvrière ont toujours défendu l’idée d’une Europe dès sa naissance et plus encore aujourd’hui celle d’une Europe sociale. C’est bien ainsi que FO, au sein de la Confédération Européenne Syndicale, est partie prenante dans un certain nombre de dossiers européens : La question des marchés publics: pour FO, les contrats doivent être donné aux entreprises qui appliquent des conventions collectives et jouent le jeu de la négociation collective. En effet, l’argent public devrait être utilisé pour obtenir des salaires et des conditions de travail décents au lieu de les affaiblir. La Commission présentera son projet et organisera un « Sommet des marchés publics » à Bruxelles le 14 avril 2026. L’objectif est de réunir tous les acteurs concernés à Bruxelles pour plaider en faveur d’une révision des règles relatives aux marchés publics, afin de favoriser la négociation collective et les emplois de qualité. Des emplois de qualité: L’initiative est présentée par la Commission comme une réponse aux défis persistants liés à la qualité de l’emploi sur le marché européen du travail, parmi lesquels l’intensification du travail, la numérisation et l’IA, Sécurité et santé au travail (SST), y compris les risques psychosociaux, la fragmentation des relations de travail et l’application insuffisante des normes du travail mais également le rôle des partenaires sociaux. La deuxième phase de consultation des partenaires sociaux par la Commission est attendue au printemps 2026, ce qui pourrait ouvrir la voie à une proposition législative concrète. La directive révisée sur les comités d’entreprise européens (CEE) a été officiellement adoptée par l’UE en octobre 2025 (les États membres disposent d’un délai de deux ans pour transposer la directive en droit national) : La révision porte sur des faiblesses anciennes du cadre existant, notamment l’information et la consultation tardives ou inefficaces, le recours excessif à la confidentialité, une application insuffisante et l’accès limité aux voies de recours. Elle consolide les définitions, renforce les droits de consultation, améliore les dispositions d’application, clarifie le rôle des CEE dans les décisions stratégiques des entreprises et fournit aux syndicats de meilleurs outils pour protéger les travailleuses et travailleurs pendant les restructurations et influencer la prise de décision transnationale. UNI Europa contribuera à la boîte à outils commune avec des exemples sectoriels et des considérations pratiques de négociation intéressant les secteurs des services et révisera ses orientations existantes concernant les CEE ainsi que sa stratégie à l’égard des multinationales. La question de la souveraineté ou la voie d’un programme « Made in Europe – Buy European »: Les changements géopolitiques rapides de la décennie écoulée se sont accélérés l’année dernière, avec la première année de la deuxième administration Trump. Ils ont porté au premier rang des priorités politiques de l’UE la lutte contre les dépendances de l’Europe dans des secteurs stratégiques de notre économie : industrie et numérique. Premièrement, l’Industrial Accelerator Act définit le cadre de la transition des secteurs à forte intensité énergétique et devrait constituer un outil majeur pour stimuler la production industrielle ? Deuxièmement, la réforme des marchés publics doit être utilisée comme un outil pour promouvoir un programme « Buy European » en créant des marchés pour les entreprises de l’Union. Enfin, la politique de l’UE doit être soutenue par des investissements massifs, notamment en accélérant la mise en place du Fonds européen pour la compétitivité, inclure des conditions sociales qui garantissent que l’argent public va aux entreprises qui créent et maintiennent des emplois de qualité en Europe et enfin ne doit pas être sapée par des politiques de dérégulation, telles que celles contenues dans les rapports Letta et Draghi ou la législation Omnibus de la Commission. Il y a urgence à diversifier l’offre de services numériques, afin de réduire les risques que la domination américaine dans ce domaine ne soit utilisée comme une arme potentielle. La concurrence sur les normes américaines est une stratégie perdante, tout comme le serait celle sur les normes chinoises. La Commission Européenne a souhaité un « 28e régime pour les entreprises », un régime différent de celui des 27 États membres de l’UE. Ce sera un outil visant à « aider les entreprises innovantes à se développer » en harmonisant et en simplifiant certaines obligations pour les entreprises « innovantes », un 28e régime juridique, qui simplifiera les règles applicables et réduira le coût de l’échec, y compris tous les aspects pertinents du droit des sociétés, de l’insolvabilité, du droit du travail et du droit fiscal. » Bien que la proposition ne comprenne aucune disposition relative au droit du travail, les syndicats ont fait part aux législateurs de leur inquiétude quant au fait qu’une telle proposition en matière de droit des sociétés pourrait encore créer des failles dans les obligations des entreprises en matière d’information et de consultation. FO Communication au sein de UNI Europa (Fédération Internationale) est pour son domaine investi dans plusieurs autres dossiers : « Façonner l’IA générative pour une économie de services durable et équitable » est un axe de travail d’UNI Europa, cofinancé par l’UE, qui vise à renforcer la capacité des partenaires sociaux européens et de leurs organisations membres nationales notamment dans les secteurs de l’audiovisuel, de la banque et des télécommunications. L’objectif principal est d’étudier les impacts économiques et sociaux de l’IA générative sur les travailleuses et travailleurs de ces secteurs. En promouvant une approche centrée sur l’humain, le projet vise à garantir que les IA améliorent les capacités humaines au lieu de les remplacer, en respectant les droits et la dignité des travailleuses et travailleurs tout en fournissant aux entreprises un cadre clair pour l’adoption de l’IA. Un atelier de travail regroupant près de 45 représentants syndicaux (dont FO Com) et du patronat ont mis en évidence le fait que les règles existantes au niveau des entreprise en matière d’utilisation des technologies de l’information et de protection des données sont insuffisantes pour faire face à l’ampleur et à la rapidité de ces changements. Bien que les effets de l’IA générative diffèrent d’un secteur à l’autre, des enjeux communs ont été identifiés, notamment des changements dans les compétences requises, l’intensité du travail, les modèles de gouvernance et les questions de confiance, de propriété intellectuelle et de rémunération équitable. De même, l’innovation, l’investissement et les gains de productivité ne suffiront pas à assurer une adoption durable et bénéfique de l’IA. L’adoption de l’IA générative centrée sur l’humain n’est possible que dans le respect des normes éthiques, des cadres juridiques et des droits fondamentaux européens. Une conclusion essentielle a été le rôle central du dialogue social et de la négociation collective au niveau des entreprises, des secteurs, des pays et de l’Europe. La directive européenne relative à des salaires minimaux adéquats (AMWD), qui comprend une obligation générale de promouvoir la négociation collective, a été contestée devant la Cour de justice de l’Union européenne. Après des mois de délibération et un avis défavorable de l’avocat général, la Cour de justice de l’Union européenne a confirmé la majorité du texte de la directive européenne relative à des salaires minimaux adéquats (2022/2041) le 11 novembre 2025. Dans son arrêt, la Cour de justice de l’Union européenne clarifie trois points fondamentaux sur le droit de négociation collective basé sur les articles 152-153 du Traité sur le fonctionnement de l’UE (TFUE) : le droit à la liberté d’association ne limite pas les mesures régissant le droit à la négociation collective,  le Traité sur le fonctionnement de l’UE donne à l’Union européenne le pouvoir de légiférer sur des mesures visant à promouvoir la négociation collective et l’exclusion du « droit d’association » et du « salaire » de la législation européenne en matière de politique sociale vise principalement à préserver l’autonomie des partenaires sociaux au niveau national. Il ne s’agit donc pas de justifier le désengagement des employeurs de la négociation collective. Cet arrêt est d’une très grande importance pour le mouvement syndical européen en général et pour UNI Europa en particulier. La bataille est à tous les niveaux, locale, nationale et européenne : tous les éléments convergent vers la nécessité d’être présent et de siéger pour réaffirmer nos positions et revendications.  La pugnacité de FO Com dans ces dossiers européens a déjà confirmé la nécessité du dialogue social (rappelé à plusieurs reprises depuis un an par la Commission Européenne) et le renvoi à la négociation collective. […]
2 juin 2026La CIT, Conférence Internationale du Travail, au siège de l’OIT, vient d’ouvrir sa quinzaine de travaux où Force Ouvrière sera partie prenante avec d’autres syndicats (au même titre que les gouvernants et les organisations d’employeurs). Cette année, le travail sera d’autant plus ardu que les libertés publiques sont plus que remises en cause partout dans le monde et notamment les droits syndicaux en France ! La Confédération Syndicale Internationale publie ainsi son indice annuel des droits dans le monde faisant état d’une dégradation sans précédent des libertés publiques dans le monde, et au premier plan la liberté d’expression et de réunion visant les syndicalistes – avec la pire note moyenne par pays en Europe et sur le continent américain depuis la première édition de l’Indice en 2014 ! En 2026, les dix pires pays au monde pour les travailleurs et les travailleuses sont l’Argentine, la Biélorussie, l’Egypte, l’Equateur, l’Eswatini, le Myanmar, le Nigéria, le Panama, la Tunisie et la Turquie. Seuls trois pays ont amélioré leur classement : le Botswana, le Royaume-Uni et l’Uruguay tandis que quatre autres pays ont vu leur note se dégrader : l’Albanie, l’Argentine, le Panama et la France. Sept pays ont été inscrits dans la liste des pays à surveiller en raison d’une augmentation rapide du nombre de violations : les Etats-Unis, la Guinée-Bissau, Israël, le Libéria, les Philippines, la République de Moldavie et le Zimbabwe. Les chiffres sont sans appel sur la dégradation des droits fondamentaux des travailleurs dans le monde. Des atteintes au droit à la liberté d’expression et de réunion ont été signalées dans 50% des pays. Les autorités ont arrêté ou placé en détention des travailleurs dans 75 pays. Le droit à l’enregistrement officiel des syndicats a été entravé dans 75% des pays. Les travailleurs ont subi des violences dans 32% des pays. Le droit de grève a été violé dans 87% des pays. Les travailleurs ont eu un accès limité, voire aucun accès, à la justice dans 72% des pays. Le droit à la négociation collective a été restreint dans 121 pays. Concernant la France, sa position est passée de la catégorie « Violations réitérées des droits » à « Violations répétées des droits ». Cette dégradation est le fruit de menaces croissantes sur l’activité syndicale en France, à l’image des bourses du travail de plus en plus menacées par les collectivités locales ou des poursuites judiciaires notamment à l’initiative d’employeurs. Pour FO, la situation est profondément alarmante et nécessite plus que jamais de s’appuyer sur l’Organisation Internationale du Travail, cheffe de file de la régulation sociale au niveau mondial, alors que vient de s’ouvrir la Conférence Internationale du Travail 2026. Cette urgence est également l’opportunité de remettre au cœur de la politique extérieure de la France et de l’Union Européenne le respect des libertés fondamentales, à commencer par la liberté syndicale ! […]